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Google se remplit les poches avec des applications d’espionnage pour harceleurs

Google profite de la vented’applications de téléphonie mobile souvent utilisées par deshommes au comportement abusif pour espionner illégalement leurspartenaires, rapporte le quotidien britannique The Times qui seréfère à une étude menée par des scientifiques de l’UniversitéCornell, de l’Université de New York, du Hunter College et duTechnion-Israel Institute of Technology.

Selon les chercheurs, auRoyaume-Uni seulement, au moins dix mille femmes sont ciblées par an pardes applications de suivi, qui peuvent être acquises en ligne etsecrètement installées sur des téléphones. Sur Google Play Store,plus de 3.000 applications d’espionnage sont disponibles. Unabonnement coûte 30 livres par mois, soit un peu plus de 34 euros etGoogle prend une commission de 15% à 30% sur tous les achats PlayStore.

Paradis pour lesharceleurs

Une fois installées, lesapplications fournissent des données sur la localisation GPS, lesmessages texte, les registres d’appel et permettent même d’accéderà la caméra et au micro du smartphone de la cible. Selon la loibritannique, il est illégal de surveiller secrètement un adulte quin’est pas un employé. Cependant, de nombreux utilisateurs se vantentsur les forums Google que ces applications leur permettent de « garder un œil sur leurs partenaires coquettes etinfidèles ».

Plusieurs chefs de policebritanniques ont pourtant averti que cette technologie était unparadis pour les harceleurs. Cette pratique deviendrait également deplus en plus à la mode. Chaque année en Grande-Bretagne, on recenseplus d’un million de victimes de harcèlement criminel.

Selon Suzy Lamplugh Trust,une institution de soutien aux victimes de harcèlement criminel, 1,6% des cibles se référaient à des dispositifsde suivi l’année dernière. Cependant, le nombre réel de personnes victimes de harcèlement via ce type d’application est certainement plus élevéétant donné que de nombreuses victimes ne se rendent pas compte quele logiciel espion est installé sur leur téléphone.

Applications supprimées de Google Play Store

Selon l’enquête, 3.450applications de suivi peuvent être trouvées sur Google Play Store.Environ 500 applications d’espionnage seraient également disponiblessur l’App Store d’Apple et 24 sur des sites de développeurs tiers.Les chercheurs estiment que Google est la voie principale pourtrouver ce type d’applications de suivi. De nombreux programmesprétendent se concentrer sur des objectifs légitimes, tels que lecontrôle parental des téléphones pour enfants. Cependant, denombreuses publicités payées à Google apparaissent dans les résultats dumoteur de recherche lorsque l’on recherche une application pourespionner sa copine.

Depuis la publication del’enquête, Google a annoncé avoir arrêté ses publicitésd’applications abusives En outre, un nombre indéterminéd’applications auraient été supprimées du Play Store. Cependant,les chercheurs affirment que près de 3.500 applications adaptéespour l’espionnage étaient encore disponibles dans le magasin deGoogle.

Appel à uneréglementation plus stricte

Le commissaire del’Association britannique des commissaires de police et de lacriminalité a plaidé pour une réglementation plus stricte. Google,d’autre part, a déclaré qu’il avait apporté des modifications àson système d’exploitation Android afin de résoudre le problème.

Selon la compagnie, il s’agit cependant d’un nouveau domaine de recherche. « Nousavons collaboré avec les chercheurs, supprimé les applicationsviolentes et les publicités qu’ils ont découvertes, et resserrénos politiques de produits existantes afin de restreindre davantagela promotion et la distribution du type d’applications révéléesdans cette enquête », a déclaré un porte-parole de Google.  

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