Pourquoi Google n’aime pas que vous « googliez »

Le mot « Google » atteint le point il évoque plus un verbe ou un substantif qu’une entreprise, et il devient de plus en plus difficile pour le géant de la technologie de défendre sa marque, menacée de tomber dans le domaine public. Et cela risque de se compliquer dans les semaines à venir, puisque un homme vient de déposer une requête à la cour suprême des États-Unis pour réclamer l’annulation du nom de marque pour Google. Chris Gillespie n’est pas tout à fait un inconnu pour Google. En 2012, il avait enregistré pas moins de 763 noms de domaine contenant le mot Google, tous renvoyant à des sites pornographiques. Google s’en était plaint, et l’ICANN, l’organisation qui régule les monts de domaine, avait été saisie, et elle avait déposé une requête pour faire entrer « Google » dans le domaine public. Mais cette procédure a échoué, et Gillespie a été contraint de céder les noms de domaine incriminés à Google. Il a donc fait appel à une cour fédérale de l’Arizona, mais il a encore perdu.Maintenant, il joue son va-tout et porte l’affaire au plus haut niveau. La semaine dernière, il a déposé une requête auprès de la cour suprême des États-Unis. Il lui demande de statuer sur la question suivante : Alphabet peut-elle encore conserver la marque « Google » et les droits qui y sont attachés, alors que l’usage de ce nom est maintenant si banalisé qu’il est devenu un mot générique ? En clair, il réclame l’annulation de la marque « Google », et de son exclusivité.

« Genericide »

Selon la législation sur les marques américaines, une marque dominante qui devient largement utilisée comme un mot peut potentiellement être considérée comme « abandonnée ». C’est ce qui se produit lorsqu’un produit ou un service domine tellement son marché que le terme devient un indicateur de l’article, plutôt qu’une évocation de l’entreprise qui le produit.Kleenex, thermos, trampoline, aspirine ou formica font partie des mots de ces noms de marques qui sont entrés dans le domaine public. Les légistes anglophones ont créé le mot-valise « genericide » pour décrire ce phénomène.Adobe, qui vend le célèbre logiciel de retouche photographique PhotoShop, se bat lui-même pour que ce nom de marque ne devienne pas un terme générique. Sur son site Internet, une section est consacrée à la manière dont on devrait utiliser le terme PhotoShop. On y apprend que l’on ne doit pas dire qu’une image a été « photoshoppée », mais plutôt qu’elle a été « améliorée en utilisant le logiciel d’Adobe PhotoShop ».En 2006, le mot Google était entré dans l’Oxford English Dictionary, et le Merriam-Webster, deux dictionnaires anglophones, sous la définition : « utiliser le moteur de recherche Google pour trouver des informations sur Internet ». Google n’avait guère été enchantée par cette initiative. « Bad. Very, very Bad » (‘Mauvais. Très très mauvais’), avait-elle écrit sur son blog.Son cas devrait être examiné dans 2 ou 3 mois…

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