Frauke Petry (AfD): « Une fois que l’État abandonne ses frontières, il n’existe plus »

Extrême-droite et néo-nazis

“Je pense que nous devons finalement fixer une date limite pour l’UE ou tous les gouvernements de l’UE : si nous ne faisons pas de réformes radicales dans les cinq ans, en d’autres termes, si nous ne parvenons pas à rendre le pouvoir aux différentes capitales, alors la question [d’une éventuelle sortie] se posera ici aussi en Allemagne”.

C’est ce qu’a déclaré Frauke Petry, la dirigeante du parti anti-immigration allemand Afd (Alternative pour l’Allemagne), a déclaré au cours d’une interview avec le Financial Times.Petry se félicite des résultats du référendum au Royaume-Uni en faveur du ‘Brexit’ et elle prédit que d’autres pays pourraient suivre, dont “les Pays-Bas, le Danemark et ‘à un certain point’ “l’Autriche”. “L’Allemagne est encore “derrière le reste, mais elle pourrait se réveiller”, a dit la responsable d’Afd.Afd a profité de la crise des réfugiés depuis le début de cette année, en gagnant 15% d’opinions positives supplémentaires dans les sondages, ce qui en fait le parti de droite le plus populaire de l’après-guerre en Allemagne.Le parti exige que l’on cesse immédiatement l’accueil des réfugiés, veut restreindre les prestations offertes aux demandeurs d’asile et s’oppose à ce qu’il qualifie d’ “islamisation”, c’est à dire la diffusion de la culture islamique en Allemagne.Ces positions lui ont attiré le soutien de militants de l’extrême droite, et de groupes nazis, dont certains néo-nazis. Dans la Sarre, par exemple, le parti envisage de supprimer la branche locale du parti, liée à des extrémistes.

Tir à vue sur les réfugiés

Petry a été fortement critiquée plus tôt cette année, quand elle a proposé d’autoriser les gardes-frontières allemands à tirer sur les réfugiés qui tentent d’entrer illégalement dans le pays. Mais aujourd’hui encore, elle maintient cette position :

“Nous demandons simplement l’application de la loi en vigueur à la frontière allemande. Quiconque endommage les frontières avec violence doit en subir les conséquences grâce aux gardes-frontières. Une fois que l’État abandonne ses frontières, il n’existe plus”.

Afd a été fondé dans le sillage de la crise de l’euro et a été conçu par Hans-Olaf Henkel, l’ancien président d’IBM Europe et de la fédération de l’industrie allemande BDI. Henkel est  connu pour être un ancien europhile déçu. Le premier chef du parti, Bernd Lucke, un macro-économiste de Hambourg membre du pari des Chrétiens Démocrates dont est issu Angela Merkel, et qui en a claqué la porte après 33 ans en 2011 suite aux différents plans de sauvetage.Afd réclame également une sortie de l’Allemagne de la zone euro et un retour au Deutschmark. “La politique actuelle de l’UE plonge l’Europe dans la pauvreté et la misère”, et “L’euro est une expérience monétaire ratée à laquelle il faut mettre fin le plus rapidement possible”, peut-on lire dans la déclaration de création du parti.

Mais ces deux dirigeants fondateurs ont claqué la porte du parti en 2015, insatisfaits de sa dérive “islamophobe, xénophobe, anti-occidentale et pro-russe”, et l’élection de Frauke Petry comme président.

Le parti veut maintenant miser sur la grande insatisfaction de la population. L’ennemi n° 1 de l’Afd n’est plus l’euro, mais l’islam. Le parti a donc cherché un rapprochement avec le FPÖ autrichien.  Il tente également de s’attirer les faveurs des pro-Poutine. En particulier, sa branche pour la jeunesse Junge Alternative (“Jeune Alternative”) s’est rapprochée du parti russe pro-Poutine “Russie unie”, et il voit en Poutine une alternative digne de Washington.Divers sondages montrent que le parti national peut aujourd’hui compter sur les voix de près de 13% des électeurs, ce qui en ferait le troisième plus grand parti politique du pays, après la CDU de Merkel et le SPD social-démocrate.

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