Economie

End of story : La Frankfurter Automesse confirme la chute de l’industrie automobile allemande

En Allemagne, la Frankfurter Automesse, le salon biennal des voitures particulières, a ouvert ses portes au grand public samedi. Même si les Allemands veulent continuer à croire en leurs voitures, la grande exposition allemande est désormais le symptôme de la chute de l’industrie automobile allemande.

L’industrie automobile allemande subit une pression extrême depuis un certain temps. Songez au scandale du diesel, à l’interdiction du diesel dans plusieurs villes et aux exigences climatiques strictes. Mais l’explosion des ventes sur le marché automobile chinois semble également prendre fin. C’est une très mauvaise nouvelle pour les constructeurs allemands qui, ces dernières années, sont devenus dépendants des ventes en Chine pour une large part de leur chiffre d’affaires total. Enfin, le secteur des voitures électriques affiche un retard préoccupant.

La Frankfurter Automesse est traditionnellement le salon de l’automobile le plus important d’Europe, mais cette année, il y a peu à y découvrir. De plus en plus de constructeurs automobiles n’y sont même pas représentés. Tesla n’y est pas. Presque tous les Japonais sont restés chez eux, à l’instar de nombreux grands noms européens tels que Volvo, Peugeot, Fiat. Il est possible que ce soit le dernier salon de ce genre.

La Frankfurter Automesse : end of story

Les commentaires de l’ancien directeur d’Opel, Karl-Thomas Neumann, sont éloquents. Il a qualifié la foire de « fiasco majeur » et « d’ombre triste de ce qu’elle était autrefois ». « End of story. »

Un autre signal sans équivoque est la démission de Bernard Mattes, président du lobby automobile allemand Verbandes der Automobilindustrie (VAB) la semaine dernière. Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung, Mattes aurait été poussé par Volkswagen et BMW. Ils lui reprochent d’avoir agi maladroitement dans la communication externe.

Greenpeace’s Dirty Dozen

L’industrie automobile allemande subit donc une pression croissante et ne semble pas savoir comment faire face à la protestation croissante. L’ouverture du salon a été accompagnée de manifestations massives dans tout Francfort. Les activistes anti-automobiles ont réussi à accéder au site de l’exposition afin de défier les leaders du secteur automobile. Greenpeace était particulièrement visible. Peu avant l’ouverture du salon, le mouvement écologiste a publié une liste des «Dirty Dozen (« Les 12 salopards ») de l’industrie automobile». En tête : Volkswagen.

Après le diesel … le SUV?

Plus tôt cette semaine, les Verts et les mouvements écologistes les plus importants avaient appelé à une campagne massive contre les SUV (véhicules utilitaires sport). Les grands SUV devraient même être interdits dans les villes densément peuplées, selon les militants. Cette manifestation faisait suite à un horrible accident survenu à Berlin au début du mois, lorsqu’un conducteur ayant perdu le contrôle de son SUV Porsche a tué 4 personnes sur un trottoir.

Dans le même temps, le lobby anti-automobile allemand sait maintenant comment pousser le secteur automobile au désespoir. Le meilleur exemple est sans doute l’interdiction des voitures diesel dans un petit nombre de villes. Cette interdiction a entraîné la mort de la technologie diesel, car les ventes et les marges bénéficiaires ont été réduites.

Quand les gens s’attendront à ce que des mesures restrictives soient prises – maintenant ou à l’avenir – la technologie ne sera plus achetée, à moins qu’on ne consente des rabais importants. Les SUV sont les voitures sur lesquelles les constructeurs allemands escomptent les marges bénéficiaires les plus élevées.

La question de savoir si une telle interdiction des SUV sera finalement introduite dépend de la politique, mais si les Verts entrent bientôt dans la coalition, l’industrie automobile se retrouvera sans aucun doute dans le viseur.

Une crise auto-infligée

La chancelière Angela Merkel a également pu en faire l’expérience. Lorsqu’elle a prononcé un discours à l’occasion de l’ouverture de l’Internationalen Automobil-Ausstellung (le nom officiel de la Frankfurter Automesse), elle a voulu encourager le secteur. Mais c’est le lobby anti-voitures qui a fait la une des journaux, réclamant l’abolition des voitures à essence. Les militants sont également de plus en plus représentés dans des talk-shows allemands.

Merkel ne peut s’en prendre qu’à elle. La crise est le résultat de nombreuses années de manque d’investissements dans le secteur et d’orientation stratégique. Exactement ce qui se passe lorsque les excédents budgétaires deviennent l’objectif principal d’une politique.

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