Si la France quittait l’euro … Deux des quatre candidats favoris sont pour

Les coûts de transition d’une sortie de l’euro et d’une restauration de la monnaie nationale seraient énormes :

En France, deux des quatre candidats les mieux placés pour la présidence française flirtent avec l’idée de quitter l’euro et réintroduire le franc français.

Pour la vedette du Front National Marine Le Pen, c’est l’un des points de son programme, et l’ancien communiste Jean-Luc Mélenchon veut créer un mécanisme dans la vie qui ferait coexister le franc aux côtés de l’euro.

Les marchés financiers prennent désormais en compte un scénario dans lequel ces deux candidats se livrent bataille au second tour. Depuis deux semaines, Mélenchon a acquis une nouvelle popularité dans les sondages.

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Dans le New York Times, le lauréat du prix Nobel d’économie Paul Krugman, pourtant eurosceptique d’ordinaire, émet ses doutes concernant une possible sortie française de l’euro :

«Commençons par l’euro. La monnaie unique a été et est un projet boiteux, et les pays qui n’y ont pas adhéré – la Suède, le Royaume-Uni, l’Islande – a profité de la flexibilité induite par des monnaies indépendantes.

Cependant, il y a néanmoins une grande différence entre choisir de ne pas adhérer dès le départ, et décider d’en partir une fois que l’on a rejoint la monnaie unique.

– une fuite massive de capitaux entraînerait une crise bancaire ;

– on devrait imposer un contrôle des capitaux et des jours de fermetures pour les banques ;

– la question de la revalorisation des contrats créerait un bourbier juridique ;

– L’activité serait perturbée pendant une longue période transitoire de confusion et d’incertitude.

Sous certaines circonstances extrêmes, ces coûts pourraient être en valoir la peine, comme c’est le cas pour la Grèce : une économie gravement déprimée, qui nécessite une réduction drastique de ses coûts par rapport à ses partenaires commerciaux, pourrait même constater une sortie de l’euro coûteuse, suivie d’une dévaluation, préférable à des années de déflation corrosive.

La France, toutefois, ne correspond pas à cette description. (…) Il y a peu de raison de croire qu’un franc restauré permettrait d’atteindre, ou ferait l’expérience d’une importante dévaluation. En clair, une sortie de la France de l’euro apporterait tous les coûts auxquels la Grèce pourrait être confrontée, mais sans aucun des bénéfices ».

De nombreux économistes craignent une sortie de l’euro. Selon l’Institut Montaigne, un « Frexit »  anéantirait 500 000 emplois et coûterait 180 milliards d’euros.

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