La France porte plainte contre le Parlement européen : Le budget a été voté à Bruxelles, et non à Strasbourg

La France a porté plainte contre le Parlement européen (PE), parce que le vote sur le budget pour 2017 s’est tenu à Bruxelles, et non à Strasbourg, tel que les traités de l’UE le prévoient. Selon le Parlement européen, c’est le manque de temps qui est à l’origine de ce choix, et non pas le mépris pour Strasbourg.Le Parlement européen est bien connu pour son cirque itinérant qui veut que les députés se déplacent chaque mois entre les deux sièges du Parlement à Bruxelles et à Strasbourg. (Six fourgons de déménagement transportent les quelque 3700 cantines en acier contenant les documents de réunion, tandis que les eurocrates effectuent les 450 kilomètres de Bruxelles à Strasbourg en voiture ou en train. Ils passeront 4 jours à Strasbourg, où ils séjourneront à l’hôtel, avant d’effectuer le même ballet en sens inverse, le tout à la charge des contribuables européens).Les économies annuelles de 114 millions d’eurosEn 2015, la Cour des comptes européenne avait publié un rapport qui indiquait que la centralisation de toutes les activités des eurodéputés à Bruxelles et la suppression du siège de Strasbourg. Selon les calculs de la Cour, permettrait de réaliser 114 millions d’euros d’économies annuelles, à majorer d’une économie exceptionnelle de 616 millions d’euros si les bâtiments de Strasbourg étaient vendus, ou à diminuer de 40 millions d’euros s’ils ne l’étaient pas. En quatre ans, les économies totales pourraient donc dépasser le milliard d’euros.La fin du cirque itinérant européen ne semble pourtant pas en vue, parce que le Traité de l’UE prévoit que seule une décision prise à l’unanimité des 28 Etats-membres (qui ne seront plus que 27 après la sortie du Royaume-Uni de l’UE) pourrait permettre de revenir sur cette décision. Or, même si plus de 80% des députés européens souhaitent que l’on désigne Bruxelles comme siège permanent du Parlement européen, ils se heurtent au veto des eurodéputés français et luxembourgeois.Irréductibles FrançaisLa France est en effet un ardent défenseur de ce manège mensuel. En 2012, elle avait déjà déposé une plainte à la Cour européenne au motif que le calendrier parlementaire de 2011 n’avait prévu que 11 voyages à Strasbourg, et non pas 12, et elle avait obtenu gain de cause.En 2015, le président français François Hollande avait réitéré  qu’il n’accepterait jamais que l’on renonce au siège de Strasbourg, à l’occasion de son déplacement dans la ville pour signer de nouveaux accords qui accordaient près d’un milliard d’euros de subventions à Strasbourg et à la région de l’Alsace pour financer les projets en relation avec le statut de siège du parlement de la ville. En 2007, son prédécesseur Nicolas Sarkozy avait déjà fait part de son attachement au statut de capitale européenne de Strasbourg.On peut se demander s’il est judicieux pour les dirigeants français de poursuivre l’UE sur de tels détails. Ce faisant, ne risquent-ils pas de donner une nouvelle démonstration de leur déconnexion avec les réalités vécues par les citoyens européens ?

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