Economie

Investir dans les joueurs de football est 4,5 fois plus lucratif que d’investir en bourse

Le mercato d’été a ramené une série d’internationaux belges dans notre pays ces dernières semaines. Les derniers transferts ont été conclus lundi soir. Mais la transition la plus remarquable est celle qui n’a finalement pas eu lieu : le génie du football brésilien Neymar reste au Paris Saint-Germain. Le transfert tant attendu et annoncé à plusieurs reprises sur le FC Barcelone s’est heurté à de trop nombreux obstacles.

L’Observatoire du football du CIES, un organisme suisse indépendant de recherche et d’enseignement, publiera lundi un rapport sur l’évolution des transferts de football dans les 5 grandes ligues. Le CIES a examiné les transferts en Premier League anglaise, dans la Liga espagnole, en Serie A italienne, dans la Ligue française et en Bundesliga allemande. Le point de départ était tous les transferts de joueurs réalisés lors de ces compétitions au cours des 9 dernières années.

181 % d’inflation en 9 ans

Les résultats des travaux des universitaires Raffaele Poli, Loïc Ravenel et Roger Besson sont spectaculaires. En effet, si l’inflation dans les pays de la zone euro n’a augmenté que de 15 % depuis 2011, il y a eu une augmentation de 181 % des prix dans ces 5 compétitions. Pour un joueur qui coûtait environ 10 millions d’euros en 2011, il faut payer près de 30 millions aujourd’hui. À titre de comparaison, l’indice boursier français CAC40 est maintenant 39 % plus élevé qu’en janvier 2011.

Comme les petits pays du football ne sont pas pris en compte, comme l’Ajax Amsterdam qui se démarque des autres, ce sont les Français qui se classent comme les meilleurs négociants. Non seulement on trouve 3 clubs français dans le top 5 des meilleurs bilans financiers (ventes> achats), mais de plus, nos voisins du Sud sont représentés par pas moins de 10 clubs dans le top 20.

Transferts de football: 3 clubs français dans le top 5 des équipes les plus lucratives

Le top 5 des clubs les plus lucratifs est constitué du LOSC Lille, de l’AS Monaco, du FC Gênes, de l’Olympique Lyonnais et de l’Udinese. De l’autre côté du spectre, bien sûr, les clubs les plus titrés sont Manchester City, le Paris St-Germain, le Manchester United, le FC Barcelone et l’AC Milan.

Avec 12 représentants dans le top 20, les Anglais sont les rois du « solde net négatif ». Cela souligne l’importance de la solidité financière pour jouer en Premier League. C’est une situation unique par rapport aux quatre autres compétitions de la Big League.

Les Anglais ont versé plus de 1 200 millions d’euros aux clubs français depuis 2011

La compétition française ne fait pas forcément rêver. Combien de de joueurs parmi ceux qui rejoindront des équipes telles que Angers, Brest, Nîmes ou Dijon, les fans de football peuvent-ils nommer ? Cela n’empêche pas La Ligue d’accueillir une foule de talents. Elle est pillée année après année par des clubs étrangers, mais surtout par des clubs anglais. Au cours des neuf dernières années, les clubs de Premier League ont viré plus de 1 200 millions d’euros en transferts aux clubs français. Aucun autre championnat n’a fait mieux. À titre de comparaison : les Anglais ont dépensé 304 millions d’euros en Belgique au cours de la même période.

Le football français se porte bien mieux que l’économie française. Cette dernière est aux prises avec un déficit commercial depuis 15 ans, car nos voisins du sud importent plus qu’ils n’exportent. C’est exactement l’inverse qui s’applique au football. Il s’agit de la seule ligue dans le top 5 à afficher un solde positif en transferts depuis 2010. L’indice boursier français CAC40 est également en hausse de 39 % aujourd’hui par rapport au début de l’année 2011. Investir dans les joueurs de football a rapporté en moyenne 4,5 fois plus au cours des dernières années que d’investir sur le marché boursier français.

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