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Fiat retire sa proposition de fusion avec Renault

Le constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler (FCA) retire déjà son offre de fusion avec son homologue français Renault. Il est clair qu’il est impossible d’obtenir un accord du gouvernement français, indique FCA dans un communiqué.

FCA a dévoilé ses plans de fusion avec le français Renault fin mai. Une telle fusion aurait créé le troisième constructeur automobile mondial derrière Toyota et Volkswagen. Si les partenaires actuels de Renault – Nissan et Mitsubishi – avaient été inclus dans l’accord, on aurait même alors assisté à la création du plus grand constructeur automobile du monde.

Mais bien que FCA « reste fermement convaincue » de l’importance de son offre, la société regrette dans un communiqué que « les conditions politiques en France n’existent pas actuellement pour qu’une telle association fonctionne avec succès ».

Plus tôt ce jeudi, la direction de Renault s’était réunie pour la deuxième journée consécutive afin de discuter du projet de fusion. Mais à la demande du gouvernement français, aucune position n’a été prise sur cette proposition. La France détient 15 % du capital de Renault.

Le gouvernement a mis en garde contre toute décision prématurée concernant une fusion entre égaux (50/50). Le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire voulait d’abord parler de ce plan à son collègue japonais. Il a donc proposé d’organiser un nouveau conseil d’administration le 11 juin. C’est la date de son retour du Japon.

La fusion FCA-Renault était motivée par le gigantisme

Après l’affaire Carlos Ghosn, le retrait de l’offre est un nouveau coup dur pour Renault. Si les partenaires de Renault, Nissan et Mitsubishi, avaient rejoint cette construction, nous aurions assisté à la création du plus grand groupe automobile au monde, capable de produire 15 millions de voitures par an. À titre de comparaison: Volkswagen et Toyota ont produit environ 10 millions de voitures chacun en 2018.

La possible fusion de Renault-Nissan et de Fiat / Chrysler était sans aucun doute motivée par les énormes investissements nécessaires pour rendre possible la transition des moteurs thermiques vers les moteurs électriques et le développement de voitures autonomes. Et pour concurrencer les Tesla, Uber, Apple et consorts.

L’offre était également le reflet d’une tendance générale qui s’est installée dans le capitalisme mondial : la naissance de sociétés géantes. Ce n’est plus la concurrence qui est le moteur de la création de valeur. Cette concurrence est progressivement remplacée par la domination d’entreprises ultra-dominantes. Au cours des 20 dernières années, les trois quarts de l’ensemble des secteurs économiques ont connu une augmentation de la concentration des entreprises au sommet. Cela change non seulement la compétitivité, mais aussi la nature du capitalisme.

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