Facebook vend des services de diffusion de propagande politique

L’année 2017 n’aura pas été facile pour Facebook, et tout porte à croire que l’année 2018 sera tout aussi compliquée pour le réseau social. En effet, l’agence de presse Bloomberg rapporte que le réseau social a monté une équipe spécialisée et peu connue pour travailler avec les partis politiques et les gouvernements qui ont accepté de payer pour ce service. Ce service a notamment collaboré avec le Premier ministre indien Narendra Modi, le dirigeant controversé des Philippines Rodrigo Duterte, ou encore, plus près de chez nous, avec le parti d’extrême droit allemand Alternative für Deutschland (AfD). Il n’est donc pas si étonnant que Narendra Modi soit désormais le dirigeant politique avec le plus de suiveurs sur Facebook.De façon plus surprenante, l’équipe a également collaboré avec l’équipe de campagne de l’actuel président américain Donald Trump. Elle avait également proposé ses services à Hillary Clinton, mais celle-ci les avait déclinés.Cette équipe est donc neutre du point de vue politique, et ne semble intéressée que par l’argent de ses clients. Mais cela ne l’a pas empêché d’agir comme un véritable membre de l’équipe de campagne des dirigeants qui ont fait appel à elle. Après leur élection, dans certains cas, elle continue de lui fournir un appui pour la gestion de leur page Facebook. Elle leur apprend à optimiser l’utilisation de la vidéo et à cibler les publicités pour que celles-ci touchent des groupes d’électeurs spécifiques.

Des techniques discutables

Facebook étant une firme commerciale, cela n’est finalement pas si étonnant, même si son CEO Mark Zuckerberg a toujours affirmé la main sur le cœur que la mission de son entreprise était au dessus de la politique. Néanmoins, ce qui pose problème c’est que ces outils sont de plus en plus souvent utilisés d’une manière antidémocratique.Ainsi, l’équipe fait aussi appel à des techniques plus controversées pour contrecarrer les messages de l’opposition. Parfois, elle recrute des armées de trolls, pour répandre de la désinformation et des idéologies extrémistes.

Une menace pour la démocratie

Ainsi, Freedom House, une organisation de défense des droits humains et des droits politiques a constaté qu’un nombre croissant de pays « manipulent les médias sociaux pour saper la démocratie ». L’une des méthodes qu’ils emploient est le « trolling patriotique », et la diffusion de propagande destinée à étayer une certaine version des faits, et à faire taire les dissidents.

Facebook est expérimenté dans le domaine de la politique

Bloomberg rappelle que Facebook a ouvert son bureau à Washington pour la première fois en 2007. L’année suivante, le premier président noir américain, Barack Obama, était élu. C’était également le premier « président Facebook », dans la mesure où il était le premier avoir exploité la plate-forme pour entrer en contact avec des millions d’électeurs au cours de sa campagne. De même, Facebook a été un vecteur de diffusion important pour les acteurs du Printemps arabe au Moyen-Orient au cours des années 2010 et 2011.

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