« Il est grand temps que Facebook et Google restituent ce qu’elles ont volé »

Facebook et Google devraient mettre en place un organisme de bienfaisance pour le journalisme. De cette façon, elles compenseraient les recettes qu’elles ont volées. C’est ce qu’affirme Tina Brown, ex-rédactrice en chef de Vanity Fair et du New Yorker, deux publications print et Web parmi les plus lues au États-Unis. Brown (à droite sur la photo, en compagnie du premier ministre canadien Justin Trudeau), n’est pas n’importe qui. Aux États-Unis, elle jouit d’une grande renommée. Elle est également l’organisatrice de la conférence annuelle « Women in the world ».

Le « duopole » Google et Facebook

Au cours des dernières années, les journaux et magazines des deux côtés de l’Atlantique ont considérablement réduit leur budget, parce que de plus en plus de budgets publicitaires ont été transférés vers des publications en ligne. Le « duopole» Google et Facebook s’est accaparé plus de la moitié des recettes de ces publicités en ligne.On estime que les recettes liées à la publicité numérique atteindront 83 milliards de dollars en 2017. Sur ce total, un tiers des annonces en « display » (les annonces typiques que l’on trouve sur les sites Web) apparaîtront sur Facebook, tandis que Google récupèrera 78 % des annonces publiées sur les moteurs de recherche.

«  Elles ont tellement volé qu’il est grand temps qu’elles en restituent une partie »

Dans une interview accordée au Time magazine, Brown se dit très inquiète pour l’avenir du journalisme :

« Je m’inquiète beaucoup pour le business model. Je pense qu’il est grand temps que Facebook et Google créent un grand fonds philanthropique pour financer le journalisme. Elles ont tellement volé qu’il est grand temps qu’elles en restituent une partie ».

Et à la question : « Laquelle a été la plus préjudiciable pour le journalisme : Google, Facebook ou Twitter ? », Brown a répondu :

« Je pense que c’est probablement Facebook, en raison de sa domination mondiale… je crois que pendant des années, les journalistes ont été harcelés avec ce mot, l’exposition [l’attention du monde entier pour leur travail]– comme si quelqu’un pouvait vivre de l’exposition. Il devrait y avoir un revenu qui reviendrait au journalisme. Ce n’est pas juste, à mon avis. »

« Nous ne volons rien »

Cette semaine, Ronan Harris, le patron de Google au Royaume-Uni a nié que son entreprise contribuait à réduire les revenus des journaux, car aucune publicité n’apparaît sur Google News. Google a déjà créé un fonds d’innovation pour le journalisme en ligne.Facebook a également promis en janvier qu’un nouveau projet journalistique serait lancé en collaboration avec des groupes des médias. Cela implique que de nouveaux formats et business models pourraient être créés.

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