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Les États-Unis cherchent en Afrique une alternative aux terres rares chinoises

Le ministère de la Défense américain négocie des contrats de fourniture de terres rares avec diverses sociétés d’exploitation minière, notamment en Afrique. Le gouvernement américain souhaite ainsi diversifier la chaîne d’approvisionnement américaine en métaux rares, et réduire ainsi la dépendance américaine à l’éagard de la Chine dans ce domaine. 

On recense 17 « terres rares », des métaux couramment utilisés dans les appareils d’électronique grand public, mais aussi stratégiques pour l’industrie de l’armement. Elles entrent dans la composition de d’articles aussi divers que les pièces détachées de certains avions, lers lunettes de vision nocturne, ou les fermetures à glissière des uniformes militaires.

Briser le monopole chinois

Actuellement, la Chine, qui dispose de la quasi-totalité des installations pour traiter ces minerais, en fournit près d’un tiers. Les États-Unis font donc appel à elle pour près de 80 % de leurs approvisionnements en métaux rares.

Mais le pays de l’Oncle Sam, qui a entamé une guerre commerciale pour mettre fin aux irrégularités qui entachaient les relations commerciales sino-américaine, souhaite mettre fin à ce quasi-monopole et se trouver d’autres fournisseurs.

Le mois dernier, suite à une escalade diplomatique avec les Etats-Unis liée à cette guerre commerciale, la Chine a menacé, par le biais de ses médias étatiques, de réduire ses exportations de terres rares à destination de ce dernier. Ce ne serait pas une première. En 2010, l’Empire du Milieu avait déjà suspendu ses exportations de terres rares vers le Japon après un différend diplomatique. « Les terres rares sont la principale arme de la guerre commerciale avec les États-Unis », affirme l’analyste expert en métal Mark Seddon.

Promouvoir la production américaine

Le ministère de la Défense américaine a donc entamé des négociations avec la société malawite Mkongo Resources et son homologue burundaise Rainbow Rare Earths par le truchement de la DLA, son agence chargée de la logistique de la Défense. Outre la présentation de divers projets américains centrés sur les métaux rares, l’agence propose également de mettre ces sociétés en contact avec de potentiels investisseurs. Elle chercherait ainsi à acquérir un stock maximal de 416 tonnes de terres rares.

Toutefois, à l’heure actuelle, il n’existe pratiquement aucune installation de traitement des métaux rares aux États-Unis. Plusieurs entreprises envisagent de construire des usines de traitement pour ces minerais, mais il faudra plusieurs années avant que ces projets soient iopérationnels.

Le gouvernement américain souhaite également promouvoir la production de métaux rares américaine, et son ministère du Commerce a publié un rapport contenant un certain nombre de recommandations. Il préconise de favoriser l’accès aux financements bon marché pour les industrriels du secteur, et la mise en place d’une coopération plus étroite avec les alliés des États-Unis.

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