Politique

Le Pentagone : « L’Etat islamique se regroupe en Irak »

Une cinquantaine de nouveaux combattants étrangers rejoignent le groupe terroriste chaque mois

Le mouvement terroriste Daesh commence à se développer dangereusement et en Irak à un rythme plus rapide qu’en Syrie. C’est ce qu’indique un rapport du département de la Défense nationale des États-Unis. Selon le rapport, le retrait prévu des troupes américaines de la région pourrait permette à Daesh de regagner rapidement du terrain.

Aux Etats-Unis, La décision du président Donald Trump de supprimer progressivement la présence militaire américaine dans la région a été critiquée, tant dans le camp démocrate, que dans le camp républicain.

Un retour en force dans 6 à 12 mois ?

Le rapport avertit qu’en l’absence de pressions militaires soutenues, Daesh pourrait regagner du terrain dans un délai de six à douze mois. « Si les réclamations socio-économiques, politiques et religieuses des sunnites ne sont pas suffisamment prises en compte par les gouvernements d’Irak et de Syrie, il y a de bonnes chances que Daesh puisse à nouveau jeter les bases d’un retour en force et d’un contrôle territorial dans la région », indique le rapport trimestriel de l’inspecteur général de la Défense sur l’opération Inherent Resolve.

« Actuellement, Daesh régénère des fonctions cruciales et ses capacités plus rapidement en Irak qu’en Syrie. Mais à défaut de pression continue [des servcies du contre-terrorisme], l’Etat islamique (EI) pourrait revenir en force  en Syrie dans les six à douze mois, pour reprendre des territoires limités dans la [vallée médiane de l’Euphrate]. »

Une cinquantaine de nouveaux combattants étrangers de plus chaque mois

Le rapport décrit Daesh comme une « force endurcie par le combat », qui attire une cinquantaine de nouveaux combattants étrangers chaque mois. Le groupe génère encore des revenus considérables en Syrie grâce au trafic de pétrole, à la levée d’impôts et à des activités criminelles telles que des extorsions de fonds et des enlèvements dans les zones qu’il ne contrôle pas.

Selon le rapport, Daesh est toujours présent dans de vastes zones rurales de l’Irak. Toutefois, en Syrie, il se compare davantage à une insurrection décentralisée.

« La perte de territoires en Syrie a accru la pression sur les dirigeants de Daesh, qui disosent de moins d’endroits où se cacher », indique le rapport. « En conséquence, les membres hauts placés de l’EI qui ont été capturés ou tués au cours des derniers mois ont été plus nombreux, bien que les membres les plus éminents du groupe aient jusqu’à présent réussi à échapper à la capture ou à la mort ».

Une présence américaine en Irak pour surveiller l’Iran ?

Le président américain Donald Trump a annoncé à la mi-décembre dernière 2018 que l’armée américaine allait quitter la Syrie.
Le nombre de militaires américains en Syrie vient de grimper à 3 000. Des divisions logistiques et des forces de sécurité ont été envoyées dans la région pour aider à déplacer le matériel procéder par la suite au retrait des troupes. Au total, cette opération devrait prendre 120 jours, et le retrait devrait être effectif au milieu du printemps.

D’un autre côté, environ cinq mille soldats américains sont stationnés en Irak. Lors d’une interview donnée dimanche, le président Trump a déclaré que le maintien d’une présence militaire en Irak demeurait vital pour surveiller l’Iran.

Cependant, ces déclarations ont suscité une réaction de son homologue irakien Barham Salih, qui a souligné que les troupes américaines n’ont pas le droit de mener des opérations d’observation dans son pays. « Nous ne le permettrons pas », a-t-il dit.

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