L’État islamique est en difficulté, mais ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’Europe

La ville portuaire de Syrte en Libye, l’un des principaux bastions du groupe terroriste État islamique (EI ou Daech) en dehors de l’Irak et la Syrie, est repassée sous le contrôle des forces du gouvernement  de la Libye, rapportent différents médias. La bataille pour Syrte a commencé il y a une semaine, quand des avions de combat et des navires de guerre en mer ont pilonné la ville. L’aéroport et la zone portuaire ont été repris par les troupes gouvernementales libyennes. . Les dirigeants locaux de Daech ont déjà fui la ville, mais beaucoup de combattants étaient restés dans la ville. Les combattants libyens espèrent avoir totalement repris le contrôle de la ville dans une semaine.La dynamique de l’État islamique est réduite à néant. Le groupe terroriste a perdu une grande partie de son territoire et ses revenus provenant des ventes illégales de pétrole se sont également effondrés. Certaines mesures d’austérité ont été mises en œuvre, dont la baisse des salaires des djihadistes. Comme les impôts ont augmenté dans le même temps, les combattants ont perdu une grande partie de leur pouvoir d’achat. C’est un coup dur pour le moral des troupes, et les cas de désertions sont de plus en plus nombreux. Désormais, en raison de ces problèmes, l’État islamique attire moins de deux cents nouveaux combattants étrangers chaque mois. L’année dernière,on en comptait 1500 à 2000 mensuellement. L’affaiblissement de Daech et la désertion croissante des combattants étrangers qui voudront maintenant rentrer chez eux sont des nouvelles particulièrement mauvaises pour l’Europe. Ces derniers n’ont en effet que deux choix : soit se signaler eux-mêmes aux autorités locales, soit apporter le conflit en Europe. Le journal français Le Figaro a calculé que 248 djihadistes étaient déjà rentrés en France, tandis que 400 autres autres se battent encore pour l’État islamique, dont 20 mineurs. “Si l’on n’a pas encore constaté une accélération significative du nombre des retours, nous savons que plusieurs dizaines de “pointures” essaient actuellement de revenir en France, confie un haut responsable de la lutte anti-terroriste. Il s’agit essentiellement d’individus très dangereux, qui savent pertinemment qu’ils ont été identifiés et qu’ils sont recherchés, puisqu’ils se sont pour la plupart mis en scène comme outil de propagande dans des vidéos d’égorgements”, a déclaré un haut responsable de la cellule anti-terroriste française.Patrick Calvar, le directeur des services de la sécurité intérieure française, avait déjà averti de possibles nouvelles attaques de l’Etat islamique en France au parlement français, le 10 mai dernier :

“ Il ne faudra pas perdre de vue que parmi les futurs vétérans il y aura des terroristes très aguerris mais aussi des gens relevant d’ores et déjà de la psychiatrie et dont nous ne savons pas ce qu’ils vont devenir. La deuxième organisation qui nous menace est Al-Qaïda. (…)Al-Qaïda a besoin de redorer son blason. Cette organisation a pratiquement disparu de la scène islamiste et voudra, à un moment ou à un autre, tenter une action d’envergure à même de lui redonner une importance telle qu’elle puisse recruter à nouveau. Reste que de nombreux Français se trouvent au sein du Jabhat al-Nosra (Front al-Nosra). Il est difficile de savoir combien ils sont exactement et à quelle organisation ils appartiennent mais il faudra là aussi que nous nous occupions d’eux à leur retour. (…)Outre les organisations, nous avons une autre source d’inquiétude : des appels sont lancés depuis la Syrie par des gens à certains de leurs amis qui se trouvent sur notre territoire afin qu’ils y commettent des actions. Nombre des réseaux que nous avons démantelés appartiennent à cette catégorie-là.Nous sommes également confrontés à la présence d’islamistes, sur notre territoire, et qui ne sont liés à aucune organisation. (…) Pour finir, la question relative à la menace n’est pas de savoir « si », mais « quand » et « où »”.

A Paris, on est plus que jamais convaincu que l’État islamique veut “briser l’Europe au nom de l’islam”.

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