Politique

Espagne : l’extrême droite, VOX, porte le coup de grâce, mais les socialistes l’emportent

En Espagne, le PSOE ( Partido Socialista Obrero Español) du Premier ministre sortant, Pedro Sánchez, a remporté les élections législatives. Les socialistes ont recueilli 28,9 % des suffrages et remporté 123 sièges. C’est 38 de plus qu’en 2016. Le parti sera le plus important dans 29 des 52 provinces espagnoles, contre trois en 2016.

Le Partido Popular de l’ancien Premier ministre Mariano Rajoy paie un lourd tribut au scandale de corruption et pour son flirt avec VOX, un parti d’extrême droite. Le parti perd la moitié de ses partisans et parvient à convaincre 17 % des électeurs. Le PP conserve 66 sièges au Parlement et en perd 71 par rapport à 2016. En 2011, le PP de Mariano Rajoy avait encore recueilli 10,8 millions de votes. Hier soir, il ne lui en restait plus que 4,3 millions. La question est de savoir si le président Pablo Casado peut survivre à ce massacre.

Le parti de centre-droit Ciudadanos (57 sièges, + 25) et le parti d’extrême-droite VOX (24 sièges, + 24), sont les deux autres grands gagnants des urnes. VOX est parvenu à rallier 10 % des Espagnols, soit 2,1 millions de voix, en partant de rien.

Enfin, il y a le parti d’extrême gauche Unidos Podemos, qui doit céder 29 sièges par rapport à 2016 et n’en conserve que 42. En Catalogne et au Pays basque, les séparatistes ont aussi obtenu des voix. Esquerra Republicana, du politicien catalan Oriol Junqueras, qui est en prison, remporte pas moins de 15 sièges.

Pedro Sánchez Premier

Il est presque certain que Pedro Sánchez restera Premier ministre. Néanmoins, la formation d’un gouvernement menace de se transformer en un nouveau cauchemar. La seule coalition qui peut survivre sans problèmes (180 sièges) est celle du PSOE et de Ciudadanos. Mais ces derniers ont déjà rejeté cette possibilité plus d’une fois. Ils sont fortement en désaccord avec le PSOE sur la situation en Catalogne.

Une autre possibilité est un gouvernement de gauche composé de PSOE et d’Unidos Podemos, qui manque de 13 sièges. Des sièges qui ne peuvent être obtenus qu’auprès des partis séparatistes de Catalogne et du Pays basque, pour former à nouveau une coalition dite « Frankenstein ». C’est cette coalition qui a poussé Mariano Rajoy à la sortie l’année dernière. Mais Sanchez pourrait aussi former une coalition minoritaire avec Podemos et le soutien des séparatistes. La question est de savoir quel sera le prix à payer à ces derniers pour cela.

VOX: 24 places pour rien ?

La droite n’obtient en aucun cas la majorité. Il est clair qu’il n’y a pas eu de répétition du coup d’Etat commis en Andalousie par le soutien au parti VOX d’extrême droite. Auparavant cette année et pour la première fois depuis 1978, le PSOE socialiste avait été chassé du pouvoir. Une combinaison hypothétique de PP + Ciudadanos + VOX atteint 147 sièges, tandis que 176 sont nécessaires pour une majorité. Il est clair que VOX a ravi la majorité de ses voix au PP. Parti de nulle part, le parti entre au Parlement avec 24 sièges. Pourtant, il n’y aura pas le rôle de «faiseur de roi». Cela n’aurait été possible qu’avec un meilleur résultat pour le PP. VOX ne jouera donc aucun rôle dans la formation du gouvernement.

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