Erdogan n’a pas besoin de pirates pour influencer les élections étrangères

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté les 3 millions de Turcs vivants en Allemagne à ne voter ni pour la CDU, ni pour le SPD ou les Verts. Il a qualifié ces 3 partis « d’ennemis de la Turquie ». Erdogan accuse ces partis de ne pas honorer leurs engagements à l’égard des déplacements sans visa au sein de l’UE. Il les tient pour partie responsables des retards dans les négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’UE. Il accuse également l’Allemagne de n’avoir pas fourni assez d’efforts pour poursuivre les partisans du mouvement Gülen. Selon Erdogan, ce mouvement est à l’origine du coup d’Etat manqué de juillet 2016.Les socialistes allemands et les Verts – dont le président, Cem Özdemir, est d’origine turque – ont à plusieurs reprises critiqué le dirigeant turc pour l’arrestation de militaires et de journalistes allemands. Erdogan de son côté fait allusion à Özdemir en le qualifiant de « soi-disant Turc ».Le ministre des affaires étrangères Sigmar Gabriel a quant à lui parlé d’une « ingérence sans précédent dans la souveraineté de notre pays ».

Après l’Allemagne, l’Autriche ?

L’Autriche aussi est préoccupée par l’attitude du président turc. « L’ingérence incessante d’Erdogan dans les affaires intérieures des autres pays est inacceptable », a déclaré le ministre autrichien des affaires étrangères Sébastien Kurtz le week-end dernier, dans une interview accordée à Die Welt.

« Erdogan s’était précédemment montré maître dans la manipulation du comportement de vote dans son propre pays, mais maintenant, il veut aussi manipuler les votes turcs à l’étranger par la polarisation et l’exportation des conflits turcs vers d’autres pays », a dit Kurtz.

Selon l’Autrichien, tant que les Turcs ne respecteront pas les critères de Copenhague sur les droits de l’homme et la démocratie, ils ne pourront pas prétendre à l’adhésion à l’Union européenne.

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