‘Erdogan a scellé son propre destin’

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a gagné d’une courte majorité un référendum sur l’extension de ses pouvoirs. Cette marge minime montre combien la société turque est divisée.

Un certain nombre de journaux publient des commentaires remarquables :

Le début de la fin d’Erdogan

Selon le journal croate VeÄernji list (accès payant), Erdogan a, avec cette victoire, scellé son propre destin. Le journal explique que personne ne semble actuellement se soucier de l’histoire.« Pourtant, nous devrions en tirer des leçons. L’histoire nous apprend les choses suivantes : tout d’abord, les gens sont fascinés par un leader auquel ils abandonnent leur liberté et leur vie. Mais ensuite, ce cher leader commence à les jeter en prison, à les dépouiller et les assassiner. Plus tard, ce même chef est démis avec autant de passion, mais dans ce processus, des individus meurent. »La Turquie vit la première partie de ce scénario, explique le VeÄernji list.« Erdogan a ensorcelé la moitié de son pays avec un acte qui consiste exactement en deux mots : l’islam politique. »

« Business as usual » dans l’Union européenne

Le journal italien Il Sole 24 ore (accès payant) craint que peu de choses ne changent dans les relations entre l’UE et la Turquie après ce sursaut dictatorial.L’histoire sans fin de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne en est maintenant à son dernier chapitre, estime le journal. Avec la transformation de son pays en autocratie dictatoriale, Erdogan a obtenu sa place dans la galerie des dictateurs de l’Est entre Poutine et Assad, explique le quotidien.« Quel paradoxe pour un pays membre de l’Otan! »« Maintenant nous allons voir comment l’Europe, avec son habituelle hypocrisie, va maintenir ce mythe de l’entrée de la Turquie. L’Ouest a une préférence pour les leaders autocratiques, parce qu’ils garantissent la stabilité… Mais il y a d’autres raisons à cela.Erdogan ne contrôle pas seulement la politique. En créant un fonds d’Etat turc, il s’est assuré l’accès aux entreprises les plus cruciales et à des projets par lesquels des entreprises européennes ont accepté de lourdes obligations vis-à-vis d’Ankara. »Après de premières déclarations avertissant d’un danger potentiel, les Européens vont nouer des compromis avec le nouveau maître du pays  – et l’opposition, les Kurdes et la démocratie en paieront le prix, ajoute Il Sole 24 ore.

Voter pour Erdogan  de l’étranger est trop facile

Le journal autrichien Kurier accepte mal que des Turcs vivant dans des démocraties occidentales aient voté massivement pour Erdogan.Beaucoup de ces gens vivent depuis des décennies en Autriche et jouissent de tous les avantages que garantit un Etat constitutionnel et démocratique. Malgré cela et malgré le fait que dans leur pays d’origine, la moitié des citoyens ont voté contre Erdogan, ils donnent la préférence à un système dans lequel un seul homme peut décider de tout, écrit le Kurier.De tels votes sont non seulement inquiétants, mais en outre ils ont été émis dans des lieux sûrs : si Erdogan mène bientôt son pays à la dictature, les Turcs qui ont voté « oui » en Autriche, n’en subiront que peu d’inconvénients, conclut le journal. [youtube https://www.youtube.com/watch?v=IxcxbnTZRKI]

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