Economie

Thomas Cooked… La première entreprise zombie est tombée. Quelle sera la suivante ?

La faillite du tour opérateur britannique Thomas Cook soulève une question qui préoccupe de nombreux économistes depuis un certain temps : celle des entreprises zombies, qui ne survivent que parce qu’elles peuvent emprunter de l’argent pratiquement gratuit pour prolonger leur agonie.

Le voyagiste britannique Thomas Cook a déposé son bilan dans la nuit de lundi à mardi. La société n’a pas réussi à trouver de l’argent frais pour rembourses ses dettes existantes. Cela ne présage rien de bon pour l’avenir et pourrait bientôt entraîner un effet domino. Les chocs provoqués par le pré-brexit et le ralentissement de l’économie rendent les injections de liquidités à taux zéro largement inefficaces.

Les entreprises zombies sont des mortes vivantes

Si cette tendance se poursuit, nous sommes confrontés à un problème colossal. Un calcul de la Bank of America montre que 9 % des 600 plus grandes entreprises européennes peuvent être considérées comme des « mortes-vivantes ». Si vous incluez les petites entreprises, vous arriverez à 18 %. Aux États-Unis, plus de 20 % des entreprises ne survivraient que grâce aux injections d’intérêts de la banque centrale, la FED.

La Banque des règlements internationaux (BRI), qui est la banque centrale des banques centrales, a récemment annoncé que le nombre de sociétés zombies dans les 14 plus grandes économies du monde était passé de 2 % à la fin des années 1980 à 12 % en 2016. La banque d’investissement française Natixis applique déjà le qualificatif de « société zombie » à 15 % des entreprises. 

10 ans d’argent bon marché

L’OCDE, le groupe de réflexion des pays riches, définit les entreprises zombies comme « des entreprises de plus de 10 ans dont la rentabilité n’a pas été suffisante pour couvrir les paiements d’intérêts au cours des trois dernières années ». Pourquoi 10 ans ? Parce que la BCE a commencé à baisser les taux d’intérêt il y a exactement 10 ans. Depuis lors, de plus en plus de sociétés non rentables ont réussi à prolonger leur agonie.

Selon l’OCDE, la Belgique affiche des résultats dramatiquement médiocres dans ce domaine . Avec 9 %, la Belgique se positionne à la fin du classement européen. Seules l’Espagne et la Grèce font encore pire.

Les entreprises zombies entravent également le focntionnement normal du marché. En effet, Des sociétés qui n’existeraient plus dans des circonstances normales peuvent continuer à faire concurrence aux sociétés en bonne santé et à priver ces dernières de la part de marché auxquelles elles ont droit.

Les zombies les plus fréquemment cités dans la presse spécialisée sont Tesla et General Electric, qui a une dette de 120 milliards de dollars (50 fois celle de Thomas Cook).

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