Economie

La Finlande expérimente le revenu de base depuis un an maintenant. Quelles leçons en tirer ?

Cela fait maintenant un an que la Finlande a débuté un projet pilote prévoyant le versement d’un revenu de base garanti à un échantillon de 2000 personnes sans emploi. L’expérience suscite un intérêt colossal du monde entier. Elle recueille le soutien de personnalités très connues, comme  le CEO de Facebook, Mark Zuckerberg, le milliardaire britannique Richard Branson, l’astrophysicien Stephen Hawking, le CEO de Tesla Elon Musk, ou encore le politicien démocrate américain Bernie Sanders, pour n’en citer que quelques unes. Mais quel bilan peut-on en tirer ? C’est la question posée par The Guardian.

Cela fait maintenant un an que la Finlande a débuté un projet pilote prévoyant le versement d’un revenu de base garanti à un échantillon de 2000 personnes sans emploi. L’expérience suscite un intérêt colossal du monde entier. Elle recueille le soutien de personnalités très connues, comme  le CEO de Facebook, Mark Zuckerberg, le milliardaire britannique Richard Branson, l’astrophysicien Stephen Hawking, le CEO de Tesla Elon Musk, ou encore le politicien démocrate américain Bernie Sanders, pour n’en citer que quelques unes. Mais quel bilan peut-on en tirer ? C’est la question posée par The Guardian.

Depuis janvier 2017, le gouvernement finlandais verse 560 euros mensuels à 2000 chômeurs âgés d’entre 25 à 58 ans sans aucune obligation d’aucune sorte. L’expérience est destinée à être menée jusqu’à la fin de l’année prochaine. Au total, elle devrait coûter près de 20 millions d’euros. Les bénéficiaires n’ont pas l’obligation d’accepter les emplois qu’ils peuvent se voir proposer au cours de l’expérience, et s’ils en acceptent un, le revenu de base continuera de leur être versé en supplément de leur rémunération.

Inciter les bénéficiaires à reprendre un emploi

L’objectif majeur de l’expérience est de déterminer si le versement d’un revenu de base inconditionnel est de nature à inciter les bénéficiaires à retrouver un emploi. En Finlande, le taux de chômage s’établit à 8 %, et ne baisse quasiment plus. Les experts pensent que certains chômeurs peuvent être dissuadés d’accepter un nouvel emploi par la crainte que leurs revenus franchissent un seuil fiscal aboutissant à augmenter leur taux marginal d’imposition, et donc, au final, à réduire leurs revenus nets.« L’enquête vise pour partie à supprimer les obstacles [qui peuvent dissuader de retrouver un emploi] », explique Marjukka Turunen, qui dirige le bureau juridique de Kela, la Sécurité sociale finlandaise, qui mène cette expérience. Le sort des 2000 bénéficiaires du revenu de base sera ensuite comparé à leurs 175000 compatriotes dans une situation semblable pour en tirer les enseignements.

Une idée ancienne

Les politiciens finlandais caressent l’idée du versement d’un revenu de base depuis les années 1980 comme un moyen possible de compenser les effets de la baisse de l’emploi industriel. Plus récemment, il est apparu comme une solution possible pour compenser la disparition d’un tiers des emplois (et des salaires associés) inhérente à l’automatisation d’ici une vingtaine d’années.Le concept recueille un certain consensus parmi la gauche progressiste qui y voit un instrument de lutte contre la pauvreté et les inégalités, et a droite libérale qui l’envisage pour réduire la bureaucratie liée aux systèmes de protection sociale.

Des bénéfices dans le domaine de la santé

Mais beaucoup objectent que les résultats de l’expérience finlandaise ne peuvent être représentatifs, parce que l’échantillon de bénéficiaires est bien trop réduit, et parce que le revenu de 560 € est trop faible pour permettre de vivre décemment. Néanmoins, il devrait apporter des réponses à d’autres questions sociales. En effet, la sécurité financière qu’il apporte peut peut-être réduire l’anxiété et le stress au point d’avoir un impact visible sur le plan de la santé. De ce fait, un revenu de base contribuerait à réduire les dépenses de santé.

Une adaptation à l’évolution du marché du travail du 21e siècle

De même, on pourra déterminer si un revenu de base peut se substituer au système d’aides sociales actuel. Les myriades d’aides qui sont proposées sont de moins en moins adaptées aux problématiques de notre siècle. Celles-ci sont le reflet de l’évolution rapide du marché du travail (développement des contrats à temps partiel, start-ups, et contrats de travail à durées de plus en plus courtes). Le système actuel est par exemple particulièrement inadapté pour les indépendants, qui doivent constamment justifier leurs revenus. Or, ce groupe social est appelé à progresser à l’avenir.

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