Economie

Les enfants vont devenir une rareté dans les grandes villes américaines

Depuis 2011, le nombre de naissances dans l’État américain de New York a diminué de 9 %. Dans le district de Manhattan, on constate une diminution de 15 %. À ce rythme, d’ici 30 ans, il y aura  deux fois moins d’enfants à New York qu’aujourd’hui.

Le magazine The Atlantic consacre beaucoup de temps à cette question. Il brosse un tableau peu reluisant des grandes villes américaines. Outre New York, ce phénomène se concentre principalement à San Francisco, à Seattle et à Washington, où le nombre de familles avec enfants de six ans et plus a nettement diminué.

Le fait que les grandes entreprises de technologie aiment s’installer dans ces métropoles américaines est sans aucun doute un facteur qui a beaucop d’influence. Ces entreprises emploient principalement une population blanche, qualifiée et riche. Cette dernière préfère consacrer du temps et de l’énergie à une carrière plutôt que de fonder une famille. Le graphique ci-dessous parle de lui-même. Il indique l’évolution du pourcentage de personnes âgées de 25 à 49 ans vivant dans la ville entre 2000 et 2017. On constate une nette augmentation du nombre de Blancs titulaires d’un diplôme qui n’ont pas d’enfants d’âge scolairede même que celle des résidents sans enfants. Les non-diplômés et les familles avec enfants quittent la ville.

Les villes deviennent de plus en plus chères et hostiles pour les enfants

En conséquence, la cherté du coût de la vie dans ces villes ne fait qu’augmenter. Cela se reflète particulièrement dans le prix de l’immobilier. Que l’on achète ou loue une propriété n’a aucune importance. Le prix à payer par mètre carré est beaucoup plus élevé que dans les autres villes américaines. Quiconque a des enfants doit aussi leur accorder de l’espace. Et il n’y a souvent pas d’argent pour cela.

La plus grande concentration de maisons chères se trouve à San Francisco, où le prix d’achat de 81 % des maisons a passé la barre du million de dollars, selon un rapport de la plate-forme immobilière en ligne Trulia de l’année dernière. Quant à ceux qui veulent vivre à Manhattan, ils peuvent facilement payer 6 700 à 7 800 dollars (6 000 à 7 000 euros) par mois pour un appartement ordinaire avec deux chambres à coucher. Ceux qui recherchent un logement « fancy«  doivent facilement y consacrer le double.

En 2018, le taux de natalité aux États-Unis est tombé à son plus bas niveau en 32 ans. Une autre conséquence est que les familles avec enfants sont obligées de déménager dans des quartiers plus abordables en dehors de la ville. Cela signifie que les villes de Los Angeles, Chicago, New York et Philadelphie ont perdu un total de 2 millions d’habitants au profit des banlieues entre 2010 et 2018. 

En plus d’être moins chères, ces meilleures banlieues sont également plus adaptées aux familles. Les écoles, les parcs, les restaurants adaptés aux enfants, les baby-sitters et les parkings pour voitures familiales … sont beaucoup plus nombreux et moins chers que dans les grandes villes.

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