Economie

En Angola, une application pour vous faire livrer une chèvre vivante

En Afrique, la « gigeconomy » ou « économie des petits boulots » peutprofiter aux riches comme aux pauvres. Les applications de livraisonsde repas sont en pleine croissance et les utilisateurs peuvent sefaire livrer des pizzas, des fruits, des légumes mais également desanimaux vivants.  

Les villes africainesconstituent des marchés juteux pour les applications delivraison de nourriture. Le continent compte 21 des 30 zones urbainesà la croissance la plus rapide au monde, au sein desquelles uneclasse moyenne en expansion dispose de smartphones et de liquidités.Dans ces villes, la circulation est bien souvent chaotique etconduire sa voiture relève souvent de la corvée. Cependant, lesscooters de livraison peuvent slalomer entre les embouteillages.

Essor des start-ups dedistribution alimentaire

Ces conditions ont permisl’essor important de plusieurs start-ups de distribution alimentairesur le continent. Jumia Food fournit par exemple des repas auxcitadins de 11 pays africains. En Afrique du Sud, Mr D Food rivaliseavec Uber Eats, le service de livraison de plats cuisinés créé parles fondateurs d’Uber. En Angola, Tupuca propose la livraison derepas aux résidents de la capitale Luanda depuis maintenant deuxans.

L’application Tupuca

Tupuca a commencé commed’autres start-ups à connecter ses utilisateurs aux restaurants. Ladistribution d’aliments préparés représente donc l’essentiel deses revenus. La société emploie 140 chauffeurs qui réalisent17.000 livraisons par mois. Les consommateurs dépensent en moyenne40 dollars par commande.

Mais depuis octobre, lesutilisateurs de l’application Tupuca peuvent commander d’autreschoses que des pizzas, des hamburgers et des sushis. En effet,l’application offre maintenant la possibilité de se faire livrer desanimaux vivants tels que des poulets (entre 7 et 5 dollars), descochons (de 103 à 124 dollars) ou des chèvres ( entre 64 et 82dollars).

Pour livrer ces animaux,Tupuca s’est associée à Roque Onlie, une start-up baptisée enhonneur au Mercado Roque Santeiro, marché informel à ciel ouvert fermé par l’Etat en 2011. Roque Online emploie une armée decoureurs qui traquent les meilleurs prix. Ils achètent par exemplela chèvre, la confient à un  livreur qui l’amènera jusque chez leconsommateur.

Contrairement à celle de l’Occident, l’économie des petits boulots africaine pourrait contribuer à sortir des gens de la pauvreté

« Cette nouvellefonctionnalité supprime les barrières entre les marchés informelet formel », explique Erickson Mvezi, le directeur généralde Tupuca. A Luanda réside une classe moyenne importante ainsi quede nombreux expatriés et une riche élite. Mais la capitale compteégalement des millions de pauvres qui vivent dans des bidonvillescoincés entre les gratte-ciels. Dans plus du tiers des ménages, aumoins une personne vit de la vente informelle. Grâce à Tupuca et àRoque, ces personnes peuvent vendre leurs produits à plus deconsommateurs.

En Occident, nombreux sontceux pour qui l’économie des petits boulots est synonyme de travailprécaire. Cependant, en Afrique subsaharienne où l’économieinformelle équivaut à plus du tiers du PIB, soit environ le doubledes pays riches, il est possible que l’inverse se produise. « Enouvrant le marché aux vendeurs informels, la technologie peut lesaider à s’enrichir », conclut The Economist.

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