Elon Musk : « La démocratie directe est moins vulnérable à la corruption »

Le Sud-africain Elon Musk (Tesla, SpaceX) était mercredi invité à la Code Conference 2016  qui se tenait à Rancho Palos Verdes (Californie), où il a été interviewé par Kara Swisher et Walt Mossberg. Musk a répondu à une série de questions sur l’avenir de l’intelligence artificielle (I.A..), Tesla, l’hyperloop, et une série d’autres questions. Mais c’est surtout son projet d’établir une colonie sur Mars qui a suscité le plus d’attention. Musk prévoit d’envoyer une mission vers la planète rouge en 2024, dans le cadre de son projet Mars Colonial Transporter. Lorsqu’une femme de l’auditoire a demandé Musk quel genre de gouvernement il envisageait pour Mars, il a eu une réponse intrigante :

“Je pense que la forme de gouvernement la plus probable sur Mars serait la démocratie directe, pas la démocratie représentative. (Dans une démocratie directe, les citoyens s’exercent une influence directe sur le processus législatif, alors que dans la démocratie représentative, comme nous le savons en Europe, le pouvoir législatif est transféré par les citoyens à des représentants à un parlement) Les gens voteraient directement sur toutes les questions. Et je pense que c’est probablement mieux, parce dans un système de démocratie directe, le potentiel de corruption est considérablement réduit, par rapport à ce qui se passe dans une démocratie représentative.

Je pense donc que c’est ce qui se passerait. Je recommanderais quelques ajustements pour l’inertie des lois. Cela serait plus sage. Il serait probablement plus facile de supprimer une loi que d’en créer une nouvelle. C’est probablement une bonne chose. Les lois ont une vie infinie, à moins qu’elles ne soient retirées. Donc je pense que ma recommandation serait que 60 % de gens, ou quelque chose comme cela, pourraient voter pour adopter une loi, mais qu’il suffirait de 40 % tout au plus des gens pour procéder à un retrait de loi. Toute loi devrait également être adoptée avec une date d’expiration”.

L’ubérisation de la politique

La position de Musk gagne de plus en plus d’adeptes avec l’avènement de l’Internet. Récemment, le philosophe français Gaspard Koenig a lui aussi exprimé son désir d’instauration d’une forme de démocratie directe:

“L’oligopole des partis politiques, perversement inscrit dans les institutions, réduit les citoyens à choisir par défaut un « líder máximo », vite honni de tous, mais jamais responsable devant personne. Le contraste entre le bouillonnement de la société civile, sur les réseaux sociaux ou dans le tissu associatif, et la langueur du débat politique, n’a jamais été plus cruel”.

Le philosophe estime qu’’Internet permettrait de mettre en oeuvre une participation directe des citoyens. Si le citoyen est assez raisonnable pour choisir son représentant avec son bulletin de vote, il l’est aussi pour formuler lui-même des décisions, pense-t-il. Il milite donc pour ce qu’il appelle “l’ubérisation de la politique”,

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