Politique

Elio Di Rupo à nouveau Premier ministre ?

Rue de la loi, la tentative d’Elio Di Rupo (PS) pour réintégrer le Seize a été suivie avec incrédulité. Âgé de 67 ans, il semble vouloir faire tout ce qu’il peut pour prendre l’initiative. Mais la question est de savoir si tout un cortège de présidents de partis, appartenant à une génération différente et à une autre idéologie, se lanceront dans la danse rouge.

« Elio Di Rupo est clairement une fois de plus la figure de proue de son parti, il n’est plus question de Paul Magnette. Mais sera-t-il encore Premier ministre ? Ce n’est une bonne idée pour personne, ce n’est plus vraiment ce que nous attendons. Car, soyons honnêtes, lorsque le téléspectateur moyen flamand voit Di Rupo apparaître, il n’est pas heureux. »

Même à la direction du sp.a, on s’enthousiasme peu du retour de Di Rupo. Ce n’est pas un hasard si le président John Crombez a fait campagne avec Paul Magnette, et non avec l’ancien Premier ministre. Magnette, l’ancien Premier ministre wallon, semblait être devenu depuis un certain temps le véritable homme fort du PS. Crombez a également déclaré lors d’interviews qu’il comptait sur Magnette, et non sur Di Rupo, s’il incombait aux socialistes de désigner le Premier ministre.

« N’en doutons pas, c’est Di Rupo qui est à nouveau le patron », peut-on entendre dire au sp.a. Et que Di Rupo a des ambitions claires. En quittant le palais après une audience avec le roi, le président du PS ne s’est pas retourné. Il a précisé deux choses : la famille socialiste est la plus grande et il est temps de former rapidement un gouvernement, en particulier dans les États fédéraux. En d’autres termes : il veut prendre les initiatives. A la RTBF, il a aussi immédiatement indiqué qui devrait faire partie du gouvernement, selon lui.

Elio Di Rupo PS
Di Rupo veut une coalition Vlinder.

Di Rupo se dirige immédiatement vers une coalition Papillon : socialistes, libéraux, démocrates chrétiens et verts, tous dans le bain, à l’exception de la N-VA. En 2011, il avait déjà conclu un tel accord de coalition.

Les dents longues au CD & V

Comme au sp.a, CD & V voit Di Rupo revenir avec les dents longues. Même avant les élections, le parti démocrate chrétien n’était guère enthousiasmé par le PS. Bien qu’ils n’aient pas toujours été heureux dans la coalition suédoise eux-mêmes, ils n’ont pas oublié l’opposition dure et parfois irrationnelle de Di Rupo and co. Surtout en ce qui concerne Charles Michel (MR), le PS s’est comporté de manière anormalement agressive. Et maintenant, Michel est très proche de Wouter Beke (CD & V).

Est-ce qu’il offre plus au MR que le simple niveau fédéral ?

Le MR lui-même examine attentivement ce qui se passe. Ils ont perdu les élections, mais moins que prévu. Et ils se sont fermement positionnés comme le second parti en Wallonie. Si Di Rupo veut vraiment diriger une large coalition fédérale, alors il ferait bien d’emmener le MR avec lui dans les états fédéraux, en Wallonie et à Bruxelles, pour des discussions et d’éventuelles coalitions. Il semble impensable pour les libéraux francophones qu’ils soient mis à l’écart en Wallonie et à Bruxelles, puis qu’ils doivent alors commencer à renoncer au niveau fédéral. C’est « ensemble à l’extérieur, ensemble chez nous » pour le MR fédéral et dans les régions.

Mais cela n’est pas évident, car le PS est pour le moment fermement lié à Ecolo, et ces derniers ne veulent absolument pas du MR à Bruxelles et en Wallonie. En Belgique francophone, les Verts sont en passe de former des coalitions de gauche. Pour eux, une histoire fédérale est aussi un must, que ce soit sous Di Rupo ou non.

Les libéraux flamands d’Open Vld sont encore moins enthousiastes à propos de Di Rupo que tout autre parti. Pour Open Vld, ce serait du suicide pur et simple que de rejoindre un gouvernement fédéral dirigé de nouveau par le PS. Ils gardent de mauvais souvenirs de la période précédente avec Di Rupo comme Premier ministre, entre 2011 et 2014. A cette époque, Open Vld était le seul parti de droite du gouvernement PS, ce qui signifie que les libéraux flamands étaient constamment isolés.

Une aubaine pour la N-VA

Pour la N-VA, le retour possible de Di Rupo n’est rien de moins qu’une aubaine. La manière agressive dont le Socialiste prend les initiatives leur convient très bien. Immédiatement, les membres de la N-VA, Jan Jambon et Theo Francken ont réagi avec indignation à la suggestion de Di Rupo selon laquelle le gouvernement fédéral pourrait être dirigé sans majorité flamande.

Bart De Wever de N-VA avec King Filip

Mais fondamentalement, la N-VA ne veut pas d’une coalition fédérale hétéroclite. Une politique de droite ne serait plus possible, aucune combinaison n’exclut les socialistes. Diriger l’opposition, aux côtés du Vlaams Belang, contre un nouveau gouvernement Di Rupo, qui intègrerait le CD & V et peut-être même Open Vld ? La N-VA aurait aveuglément signé pour cela à l’avance. Parce que cela fait cinq ans que l’on déteste cette personnalité en Flandre, et un gouvernement beaucoup trop à gauche, comparé à la manière dont les Flamands ont voté.

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