Dimanche marquera-t-il un tournant pour la politique allemande ?

Des élections auront lieu ce weekend dans l’Etat allemand de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, dans le nord du pays. Le parti eurosceptique et anti-immigration Alternative pour l’Allemagne (Afd) devrait ravir assez de suffrages pour assurer son apparition au parlement local. La coalition gouvernementale actuelle du SPD et CDU semble avoir perdu la confiance des électeurs allemands. Dans les sondages, les sociaux-démocrates (SPD) obtiennent 28 % des intentions de vote, tandis que les chrétiens-démocrates (CDU) d’Angela Merkel en recueillent 22 %.Avec 21 % des intentions de vote, l’Afd deviendrait ainsi le troisième parti. Mais ces sondages se sont aussi souvent avérés conservateurs pour l’Afd au cours des dernières élections. En Saxe-Anhalt, les sondages créditaient l’Afd de 19 % des intentions de vote. Il a finalement obtenu 24 % des suffrages, devenant ainsi le second plus grand parti de cet Etat.La probabilité que l’Afd remporte les élections ce weekend dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale n’est donc pas insignifiante. Pour la chancelière, une telle défaite serait un nouveau camouflet. En effet, Angela Merkel est entrée au Bundestag après avoir été élue comme députée de la circonscription de Stralsund-Rügen en décembre 1990, lors des premières élections de l’Allemagne réunifiée. Or, cette circonscription est située dans l’Etat de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.

Deux semaines plus tard, ce sera au tour de Berlin d’organiser des élections. Là-bas, l’Afd recueille 10 % des intentions de votes, ce qui indique que le parti pourrait aussi gagner au moins un siège au Parlement, ce implique que le parti de Frauke Petry, son président (photo) pourrait être représenté dans 10 des 16 Etats allemands.

« Merkel muss weg »

Remarquablement, l’Afd ne se concentre pas sur les problèmes locaux pour convaincre ses électeurs aux élections locales. Il se focalise sur sa vision anti-immigration, et accuse la chancelière d’être responsable de tous les maux.La semaine dernière, un meeting de l’Afd dans la capitale de l’Etat, Schwerin, s’est achevé  avec le chant du slogan “Merkel muss weg” (‘Merkel doit partir’). Après l’Euro-Retterei (‘le sauvetage de l’euro’ avec une connotation désapprobatrice), l’”Energiewende” (‘la transition énergétique’), qui a coûté une fortune à de nombreux contribuables allemands, la crise des réfugiés est la mesure de trop pour cette ancienne région est-allemande.

Si l’Afd devient dimanche le plus grand parti de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, la coalition SPD-CDU fera tout son possible pour le bloquer. Mais quand bien même, ce résultat aura d’énormes répercussions pour le reste du pays, a affirmé le responsable local de l’Afd Leif-Erik Holm à la revue Politico.

“On dirait qu’il y a maintenant une pression [sur Merkel] pour qu’elle se déplace dans notre direction. La question est de savoir si elle est prête à le faire”.

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