‘Dr. Doom’ Roubini: ‘Voici ce que les pseudo-économistes ne comprennent pas à propos de la politique d’assouplissement monétaire’

L’yperinflation, l’effondrement du dollar, des cours de l’or stratosphériques, l’abandon de la monnaie fiduciaire en faveur de crypto-monnaies telles que le Bitcoin … sont autant de scénarios apocalyptiques qui nous sont présentés par des pseudo-économistes qui disposent « à peine d’une connaissance de base de l’économie », écrit l’économiste Nouriel Roubini sur le site du Project Syndicate.

Roubini est professeur d’économie à l’université de New York, et on le surnomme «Docteur Doom », parce qu’il est plus pessimiste que les autres économistes. En 2005, il a notamment prédit l’effondrement du marché immobilier américain qui s’est finalemlent concrétisé en 2008, avec la crise des subprimes.

Aujourd’hui, il s’en prend à «l’assortiment d’économistes autrichiens, de monétaristes radicaux, aux « Gold bugs » [des investisseurs qui parient constamment sur la hausse du cours de l’or] et aux fanatiques du Bitcoin » et il explique pourquoi leurs prédictions apocalyptiques ne se concrétiseront pas :

Pour commencer, il y a un excédent d’offre dans les pays industrialisés, ce qui ne laisse que peu de pouvoir aux entreprises pour fixer les prix. Il y a également un large manque d’emplois, et trop de travailleurs cherchent un emploi alors qu’ils sont beaucoup moins nombreux.

Il y a aussi un affaiblissement des marchés immobiliers qui se remettent encore de l’éclatement de bulles, tandis que le ralentissement économique en Chine a eu pour conséquence un surplus de production de biens industriels et manufacturés, ce qui a généré des pressions déflationnistes mondiales.

Mais les gens qui critiquent les politiques des banques centrales ont tort pour la raison suivante, explique Roubini :

Nous vivons dans un monde dans lequel il y a trop d’offre et trop peu de demande. Le résultat, c’est la pression à la désinflation, sinon à la déflation, en dépit d’une politique d’assouplissement monétaire agressive.

L’incapacité de ces politiques monétaires non conventionnelles à éviter la déflation reflète partiellement le fait que ces mesures servent à affaiblir les monnaies respectives, et de ce fait, à améliorer les exportations nettes et à augmenter l’inflation. Cependant, il s’agit d’un jeu à somme nulle qui exporte simplement la déflation et la récession vers d’autres économies.

Encore plus important peut-être est l’existence d’une profonde inadéquation avec la politique fiscale. Pour être efficace, un stimulus monétaire doit être accompagné de mesures fiscales temporaires, ce qui manque actuellement dans toutes les grandes économies ».

Conclusion: tant qu’aucun programme de mesures fiscales significatives n’est pas mis en place pour régler le problème de l’insuffisance de la demande, les politiques monétaires d’assouplissement quantitatif (QE) resteront un élément central de l’économie mondiale.

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