Economie

Davos : Tout le monde se réjouit de la reprise économique… Tant que les caméras tournent

De quoi s’agit-il ?

57% des chefs d’entreprises sont optimistes quant à l’état actuel de l’économie mondiale. C’est ce qui ressort de l’étude annuelle de PricewaterhouseCoopers. Après des années de morosité, nous voici donc face à une nouvelle période bénie. Le chiffre ne représente rien de moins qu’un doublement du score qui était encore enregistré en 2016.

Nul besoin de chercher bien loin la raison de cet optimisme. La reprise économique semble battre son plein, quelque soit le pays que l’on examine : aux États-Unis, en Chine, en Inde, et même en Belgique.

Les économistes expliquent ce miracle de la manière suivante. Il existe a une base solide pour de nouveaux investissements et de l’emploi. Cela induit une stimulation de la consommation, tandis que les exportations profitent en outre d’un commerce mondial fort. « Synchronisme » est donc devenu le mot du jour à Davos.

Credit Suisse a également déjà fait valoir que tous les signaux indiquent un renforcement de la reprise économique cette année.

 

La « grande inquiétude » de Davos

Tout irait pour le mieux du monde, donc, si ce n’était une note alarmante de l’économiste en chef de la chaîne publique britannique BBC. Lequel en à sa dixième édition de « Davos », et évoque la « big worry » (la ‘grande inquiétude’), dont tout le monde parlerait dans les conversations privées, lorsque les caméras ne tournent plus.

Toutes les grandes banques centrales  ont annoncé qu’elles mettraient fin à leurs programmes de relance en 2018. Cela vaut tant pour la Réserve fédérale américaine que pour la Banque centrale européenne (BCE), la Banque du Japon (BoJ) et la Banque d’Angleterre (BoE).

En conséquence, ici, on parle plutôt d’un «synchronisme alarmant ». Car ces programmes de relance sont, depuis 2008 – faute d’investissements des entreprises de revenus plus élevés des ménages – le principal moteur (lire «le seul ») de la croissance économique. De ce fait, les banques centrales ont également injecté la bagatelle de 1500 milliards de dollars dans l’économie mondiale en 2017. C’est près de 7 milliards de dollars par jour.

Le graphique suivant est on ne peut plus clair. La BCE a massivement acheté des obligations et des actions européennes au cours de ces dernières années. Lesté de ces actifs, son total de bilan se monte aujourd’hui à 4484 milliards d’euros. A titre de comparaison, cela équivaut à 41,6 % du PIB de l’ensemble de la zone euro. Songez-y…

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