L’attirance maladive des élites de la Commission Européenne pour l’argent

Mercredi, on a appris que l’ex-commissaire européen à la concurrence, Neelie Kroes, a été entre 2004 et 2009 directeur d’une société offshore aux Bahamas, une société formée pour acheter les restes de la compagnie d’énergie américaine, Enron qui a fait faillite suite à un énorme scandale. Cet emploi est contraire aux règles, parce que les commissaires européens ne peuvent pas exercer des fonctions dans le secteur privé, rémunérées ou non, durant leur mandat (Kroes a travaillé pendant 10 ans en tant que commissaire, de 2004 à 2014). Kroes dit elle-même qu’il s’agit d’un oubli et que la société n’a jamais été opérationnelle.

La règle, plutôt que l’exception

Mais ces révélations, qui impliquent de hauts responsables de l’UE, semble en passe de devenir la règle, plutôt que l’exception. Récemment, c’est le président de la Commission pour laquelle Kroes collaborait, José Manuel Barroso, qui s’est retrouvé au cœur d’une polémique similaire, lorsque l’on a appris qu’il avait été nommé directeur exécutif de la banque d’investissement Goldman Sachs. Une banque qui est soupçonnée d’avoir aidé la Grèce à maquiller ses comptes pour être admise dans l’UE.

La trahison morale des élites et leur attirance maladive pour l’argent

« L’ensemble révèle une régression morale des élites », estime le journal Le Monde dans un éditorial. Il souligne que la Commission ne peut imposer l’honnêteté et l’éthique aux ressortissants de l’UE, alors que les commissaires européens qui l’animent y contreviennent allègrement. Et ce n’est pas nouveau, puisqu’il y a maintenant 20 ans, l’Allemand Martin Bangemann, le commissaire aux Télécommunications, avait accepté un poste au Conseil d’administration de la société espagnole de télécommunications Telefonica.« Leur attirance pour l’argent est maladive, alors que le contribuable européen verse à chaque commissaire une rémunération que le privé n’offre que rarement : plus de 24 000 euros brut par mois », écrit le journal.Il fait confiance à Juncker, le président de l’actuelle Commission, pour mener  cette nouvelle croisade, et exhorte les lecteurs à le soutenir :[…]M. Juncker est un président politique d’une Commission politique. Il doit être soutenu. Il doit aller jusqu’au bout et saisir la justice du cas Kroes – afin, au minimum, de faire toute la lumière sur ses activités. S’il ne fait pas le ménage à Bruxelles, ce sont les populistes qui le feront ».

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