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Le dilemme des cryptomonnaies

Un commentaire du prince saoudien Al Waleed (« je pense qu’il s’agit d’un Enron en gestation ») a provoqué lundi une nouvelle chute du cours du bitcoin. Auparavant, le cours de la cryptomonnaie avait flirté pendant un certain temps avec la barre des 6000 $. Le bitcoin reste fortement volatile. Cette année, sa valeur est passée de 600 à 5000 $, puis elle est retombée à 3000 $ lorsque la banque centrale chinoise a annoncé qu’elle allait interdire la cryptomonnaie. Après quoi, le cours a de nouveau doublé sans que l’on sache réellement pourquoi…

Mais dans un marché boursier à la recherche plus particulièrement de volatilité, un actif sur lequel on peut constater des différences de cours journalières de 5 à 10 % ne passe pas inaperçu. Le prince saoudien (notre photo) n’est pas le seul à avoir émis cette critique. Jamie Dimon, le CEO de JP Morgan et Jordan Belfort, l’authentique « Loup de Wall Street » se sont montrés très sceptiques à l’égard de la cryptomonnaie au cours de ces derniers jours. Escroquerie, fraude, arnaques, chaînes de Ponzi,… les commentaires destructeurs n’ont pas manqué.

Peut-on ignorer les cryptomonnaies ?

La question qui se pose maintenant est de savoir si l’on peut simplement ignorer ces cryptomonnaies. De plus en plus de traders spécialisés font leur apparition sur le marché des monnaies virtuelles. Un marché qui semblait réservé jusqu’ici principalement aux spéculateurs chinois et à certains autres investisseurs obscurs. De même, un certain nombre de fonds spéculatifs, de spéculateurs et même une série de « Family offices » y ont fait leur entrée.Les grandes valeurs établies délaissent encore le bitcoins. Goldman Sachs est l’exception qui confirme la règle. Mais à Londres, les grandes institutions financières restent en marge. Elles refusent d’ouvrir des comptes pour les entreprises qui traitent en cryptomonnaie. Les banques craignent que le bitcoin agisse comme un aimant pour les arnaqueurs et les escrocs. Du coup, les fintech actives dans le secteur de la blockchain et de la monnaie virtuelle sont contraintes d’ouvrir des comptes sur des places plus exotiques, comme Gibraltar, la Pologne, ou même la Bulgarie.

Investissez 10 % de vos actifs, mais réalisez que vous perdrez peut-être tout votre argent

Le monde des devises virtuelles est donc plein de surprises. A l’exception des spécialistes et des « believers », tout le monde est perdu face au dilemme. Le milliardaire américain Mark Cuban a suggéré dans le courant de cette semaine que tout le monde devrait investir 10 % de ses actifs en cryptomonnaie, tout en acceptant l’idée qu’il était possible de perdre tout cet argent.

Réputation

Les institutions financières qui négligent le bitcoins menacent de se retrouver confrontées à une révolution et une énorme perturbation. Mais celles qui prendront ce risque pourraient voir leur réputation entachée par un scandale d’une ampleur énorme. Une chose est certaine : tous les acteurs du monde financier suivent de très près la révolution des cryptomonnaies, même les plus traditionnels. Ils attendent le jour où ils courront un risque plus limité pour leur réputation.Les monnaies virtuelles font maintenant partie de façon durable du paysage financier. Pourtant, il faudra encore attendre que de grands mouvements de hausse et de baisse se produisent avant qu’elles soient acceptées par un grand nombre de personnes. 

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