Economie

Coupe du monde de football féminin : les chaînes de télévision gagnent enfin de l’argent

La chaîne de télévision française TF1 a déjà récupéré son investissement dans les droits de retransmission de la Coupe du Monde de Football Féminin, qui se déroule actuellement dans son propre pays. C’est une bonne nouvelle, car d’autres grands événements sportifs ne sont guère rentables pour les chaînes de télévision.

Le match entre la France et la Norvège a attiré plus de 10 millions de téléspectateurs. A comparer avec les 4 millions de téléspectateurs qui ont suivi la compétition France – Allemagne lors de la dernière Coupe du Monde en 2015. C’était aussi un record à l’époque. Ou avec les 11 millions qui ont suivi les deux premiers matches des Français (hommes) en phase de poule au Mundial en Russie l’an dernier.

La Coupe du monde de football féminin : l’horeca française en plein essor

La Coupe du monde de football féminin est également un grand succès pour le secteur hôtelier local. Ces derniers temps, ce secteur a été durement touché par le mouvement des Gilets jaunes, qui ont dissuadé de nombreux touristes de visiter la France. A l’heure actuelle, 1 million des 1,3 million de billets d’entrée disponibles ont déjà été vendus. Dans les différentes villes hôtes, le taux d’occupation hôtelière est supérieur à 90 %. L’Amérique, championne du monde en titre, en particulier, a amené beaucoup de monde avec elle. C’est aussi une bonne nouvelle pour la région parisienne, où le secteur hôtelier a souffert ces derniers mois des actions et des destructions des gilets jaunes. Depuis le début de l’année, on a enregistré un recul de 4,5 % des visiteurs étrangers dans la ville lumière.

Cette popularité inattendue n’a pas fait de mal non plus à la chaîne française TF1. Après le match d’ouverture entre la France et la Corée du Sud, le nombre de panneaux publicitaires le long des terrains a augmenté de pas moins de 50 %. Pour voir ses publicités apparaitre lors des matches joués par les Bleues, il faut soudainement payer 60 % de plus. Jusqu’ici, c’est la nouvelle la plus remarquable en phase de poule, où la différence technique et physique entre les participantes les plus fortes et plus faibles est particulièrement marquée. Le fait que les Etats-Unis aient battu la Thaïlande avec 13-0 est assez révélateur.

Les grands événements sportifs ne sont pas rentables pour les chaînes de télévision

TF1 a payé 10 millions d’euros pour les droits de retransmission du tournoi. La totalité de cette somme était déjà récupérée avant le début des huitièmes de finale. Un retour dont les chaînes de télévision osent à peine rêver. Une étude publiée par le CSA français en 2017 montre que la quasi-totalité des grands événements sportifs masculins (Championnats d’Europe de football, Tour de France, Formule 1) font perdre de l’argent aux chaînes de télévision. En France, seules les retransmissions de la Coupe du Monde de rugby font exception.

La même étude montre qu’aujourd’hui, les compétitions féminines représentent à peine 20 % de la totalité du temps d’antenne réservé aux événements sportifs. Pourtant, c’est près de 300 % du plus qu’en 2012, année où ce chiffre oscillait autour des 7 %.

Le sport féminin bénéficie de 20 % de la totalité du temps d’antenne

Pourtant, le sport féminin a encore beaucoup de chemin à parcourir. Par exemple, la FIFA a prévu un budget de 30 millions de dollars pour cette Coupe du monde. C’est exactement 7,5 % de ce que les hommes ont pu ramener chez eux l’année dernière. De plus en plus de femmes agissent contre cet état de choses. Les joueuses américaines ont porté plainte contre leur propre association de football pour discrimination. Enfin, il y a la Norvégienne Ada Hegerberg (photo ci-dessous), dernier vainqueur du Ballon d’Or. Elle est sans aucun doute l’un des meilleurs joueurs du monde et joue pour l’Olympique Lyonnais français. Mais elle n’est pas présente à cette coupe du monde. Déjà en 2017, elle avait quitté l’équipe féminine norvégienne parce que, selon elle, les footballeuses « n’ont pas le respect qu’elles méritent».

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