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Il existe maintenant un guide touristique pour la Corée du Nord et il cite 13 restaurants

L’éditeur français Petit Futé s’apprête à publier un guide touristique sur la Corée du Nord. C’est la première fois qu’une publication de ce genre est consacrée au pays ermite. L’offre touristique nord-coréenne demeure toutefois très limitée. 

Le guide ne mentionne guère plus de 16 hôtels et 13 restaurants. Les autres options touristiques restent également rares. Malgré tout, l’équipe du Petit Futé a tout de même réussi à consacrer 192 pages à la Corée du Nord… même s’il s’agit d’un nombre assez réduit en comparaison des autres guides de la gamme.

L’ouvrage évoque la culture nord-coréenne, les sites à ne pas manquer, et les excursions à faire. Mais il met également le lecteur en garde à de nombreuses reprises contre les risques posés par la visite du pays.

« Un pays que l’on est heureux de quitter »

« Quand j’ai effectué mon séjour là-bas, j’ai eu deux moments de bonheur : le premier, c’est quand je suis arrivé dans le pays, me disant que j’étais l’un des rares Français à visiter la Corée du Nord. Et le deuxième moment de bonheur, c’est quand, après quinze jours, j’en suis reparti, tellement il me tardait de quitter ce pays », relate Dominique Auzias, rédacteur en chef de Petit Futé.

En effet, chaque touriste qui décide de se rendre en Corée du Nord est obligé d’accepter d’être constamment chaperonné. Lors de ses moindres déplacements, il sera accompagné d’un chauffeur, d’un guide, d’un interprète ou de tout autre employé dont le rôle est de veiller à ce qu’il ne dévie pas de plus de dix mètres de l’itinéraire défini. Il lui est bien sûr impossible de choisir seul son itinéraire, et les hôtels et restaurants sur son parcours lui seront imposés.

Le Petit Futé ajoute que presque tout y est prohibé, à l’exception de quelques activités. Il est par exemple interdit de plier un journal sur lequel apparaît le portrait d’un dirigeant, ou de photographier des statues de dos. Les voyageurs devront également veiller à ne pas porter le guide sur eux, lors de leurs visites. Ils risquent en effet de se le faire confisquer.

Un ouvrage non politisé

« Le vrai plus d’un voyage en Corée du Nord, c’est qu’en rentrant en Europe, on apprécie beaucoup plus la liberté dont on dispose après en avoir manqué sur place », écrivent les auteurs dans les premières pages du guide.

Le guide évoque également les ambitions nucléaires du pays et ses relations difficiles avec les États-Unis. Mais il se garde bien de juger. Il n’ambitionne qu’à répondre aux besoins des touristes et ne veut pas provoquer le régime.

Il souligne aussi la fermeture du pays, et son caractère démodé. Mais il affirme que ceux qui décideront de braver ces restrictions découvriront des paysages impressionnants et uniques.

Des guides touristiques pas uniquement appréciés des touristes

Les éditeurs ne misent pas uniquement sur les voyageurs. Les guides touristiques consacrés à des pays à caractère fermé sont également appréciés des personnes qui souhaitent en savoir plus sur ces pays.

C’est notamment ce qui s’est produit il y a plus de vingt ans, lorsqu’ils ont publié un guide touristique dédié à la Sibérie. Certains lecteurs du roman épique de Jules Vernes, « Michel Strogoff », se sont procurés leur ouvrage pour découvrir cette région du monde. Le même phénomène s’est produit avec « Les Cavaliers » de Joseph Kessel, qui se déroule en Afghanistan. De même, les personnes dont des membres de la famille bénévoles ou militaires se rendent dans ces pays souhaitent parfois en apprendre davantage sur eux.

La Corée du Nord, une destination à risque

5000 Occidentaux se rendent annuellement en Corée du Nord. Néanmoins, le ministère belge des Affaires étrangères « déconseille » cette destination.

En 2017, Otto Warmbier, un Américain de 22 ans, est mort dans des circonstances mystérieuses après avoir été incarcéré en Corée du Nord pendant 18 mois. Cet étudiant de l’Université de Virginie avait dérobé une affiche de propagande lors d’un voyage organisé dans le pays ermite. Il avait été condamné à quinze ans de travaux forcés pour ce délit. Mais quelques mois plus tard, il avait été rapatrié aux Etats-Unis dans le coma. On pense qu’il pourrait avoir été torturé.

Le Petit Futé – Corée du Nord sortira le 27 mars prochain, et sera publié en 4000 exemplaires.

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