Le Congrès américain ne veut plus que le président décide seul d’appuyer sur le bouton rouge

Mardi, des sénateurs américains se sont réunis au congrès américain pour examiner si le président américain Donald Trump devait être le seul à pouvoir déclencher une frappe nucléaire. C’est le président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat américain, Bob Corker, qui a initié cette audition. Le mois dernier, Corker, qui est aussi sénateur du Tennessee, avait ouvertement posé la question de la capacité de Trump à tenir la charge de président. Il avait manifesté son inquiétude que la rhétorique menaçante de Trump ne mène les États-Unis « sur la voie de la 3e guerre mondiale ». Néanmoins, les participants à cette audition ont assuré qu’elle visait la fonction de la présidence en général, et non Donald Trump en particulier.De plus en plus de membres du congrès sont préoccupés par le tempérament impulsif du président américain et se demandent s’il devrait être le seul à pouvoir appuyer sur le bouton rouge. En particulier, ils redoutent que Trump, confronté à une provocation, réagisse trop rapidement pour pouvoir donner à des officiels plus expérimentés la possibilité d’évaluer la situation, et de le guider en conséquence.

La guerre froide

Le protocole de lancement d’une frappe nucléaire a été défini pendant la guerre froide, à un moment où la principale menace émanait de l’arsenal nucléaire soviétique. Il prévoit que c’est le président, et non l’armée qui détient seul ce pouvoir.  De cette manière, le président était en mesure d’agir rapidement pour répondre à une agression imminente potentielle de l’Union soviétique.« Il n’y a réellement aucun système de freins et de contrepoids. Personne ne peut bloquer cette décision » a indiqué Bruce Blair, un chercheur de l’université de Princeton qui a tenu le poste d’officier du contrôle du lancement de l’arme nucléaire dans l’U.S. Air Force au cours des années 70 du siècle dernier.

Une déclaration de guerre formelle émanant du Congrès

Certains législateurs démocrates ont proposé de mettre en place une législation qui empêcherait le président de déclencher une frappe nucléaire sans déclaration de guerre formelle émanant du Congrès. Selon ce projet de loi, le président pourrait tout de même déclencher seul une frappe de représailles, au cas où les États-Unis seraient attaqués.Mais d’après des experts juridiques, le Congrès ne détient pas le pouvoir constitutionnel nécessaire pour modifier la chaîne de commande. En outre, un tel projet de loi affaiblirait la dissuasion nucléaire américaine en ralentissant la capacité de réaction du président.Les experts de l’armée s’inquiètent aussi du déclenchement possible d’une frappe nucléaire suite à une fausse alarme ou à une erreur humaine. Une telle erreur s’était déjà produite en 1980, lorsqu’on avait introduit l’enregistrement d’un entraînement simulant une attaque nucléaire soviétique dans l’ordinateur de la chaîne de commande. Aujourd’hui, plusieurs pays, dont la Corée du Nord et l’Iran, disposent de missiles balistiques, ce qui multiplie les risques d’erreur, avertissent les experts.Toutefois, tout le monde s’accorde que l’ensemble de la procédure devrait être amélioré et modernisé, notamment par l’intrduction de moyens de communication plus appropriés. Aux États-Unis, le déclenchement d’un ordre nucléaire repose encore sur des technologies obsolètes, comme les disquettes souples de 8 pouces et des ordinateurs datant des années 70.

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