Science

Ce fleuve européen possède les taux de pollution microplastique les plus élevés au monde

Selon deschercheurs, un fleuve britannique possède les pires taux depollution aux microplastiques au monde. Les niveaux de pollutionmicroplastique de ce cours d’eau sont encore plus élevés que ceux dezones fortement urbanisées de Corée du Sud ou d’Hong Kong.

Des géographes del’Université de Manchester ont examiné les sédiments fluviaux de40 sites du Grand Manchester, incluant les rivières urbaines ainsique les ruisseaux ruraux. Ils ont découvert des microplastiquespartout, même dans les régions les plus reculées. Toutefois, lefleuve Tame à Denton enregistre les taux de pollution auxmicroplastiques les plus élevés au monde avec 517.000 particulespar mètres carrés. Il s’agit d’un niveau qui dépasse celui desplages de la ville d’Incheon dans la province du Gyeonggi en Coréedu Sud ou celui du delta de la Rivière des Perles à Hong Kong, écrit The Telegraph.

Selon JamesWoorward, professeur de géographie physique, il se pourrait que cesrésultats ne soient que la pointe de l’iceberg. Le scientifique ademandé à ce que l’Agence britannique pour l’environnement commenceà surveiller les niveaux de microplastiques dans les rivières duRoyaume-Uni.

« Si les mêmestests avaient été réalisés dans les Midlands de l’Ouest ou dansle Sud-Est de l’Angleterre, je suis certain que nous aurions obtenudes résultats similaires », a déclaré Woodward. « Nousavons trouvé des microplastiques partout, même dans les ruisseauxsur le haut des collines. Partout où l’on trouve personnes, ontrouve du plastique. »

Eaux uséesdomestiques et effluents industriels

« Nous devonsaméliorer la gestion des eaux usées. L’Agence de l’environnementdoit de toute urgence examiner les rivières britanniques etconstater l’étendue des microplastiques au Royaume-Uni », aencore ajouté le scientifique.

L’équipe dechercheurs pense que la pénétration des microplastiques dans lesrivières est due à une combinaison d’effluents industriels etd’eaux usées domestiques. Selon des études,rien qu’une veste polaire en polyester peut libérer plus de 1.900fibres de plastique par lavage. En janvier, les microbilles deplastique ont été interdites dans les dentifrices, les shampoingset les gels de douche.

Les microplastiquespassent des rivières aux océans

Les tests deschercheurs britanniques ont été réalisés en 2015. Il a égalementété constaté que 70% de ces microplastiques ont été emportésvers la mer suite aux inondations dévastatrices de 2015-2016.

« Bien que cesmicroplastiques se nettoient facilement dans les lits des rivières,il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour les océans », a expliqué le professeur Woordward. « Jusqu’à présent, la scienceconnaissait peu de choses sur les sources principales de cettepollution des océans et sur les moyens de transport impliqués. Nous commençons à peine à comprendre l’ampleur du problèmede la pollution microplastique dans les rivières mondiales. Pours’attaquer au problème des océans, nous devons empêcher que lesmicroplastiques ne pénètrent dans les canaux fluviaux. »

Les chercheurspensent que les inondations de 2015-2016 ont jeté environ 43milliards de particules microplastiques provenant des bassinshydrographiques des rivières Mersey et Irwell vers la mer d’Irlande.

Selon une estimationglobale, l’apport de plastique dans les océans s’élève à environ6,4 millions de tonnes par an.

Une partieimportante de plastique flotte au lieu de couler et est avalée parles animaux marins qui ne sont pas capables de le digérer. Lesproduits chimiques passent également dans l’eau. Par ailleurs, il aégalement été démontré que même les humains amateurs de fruitsde mer ingèrent jusqu’à 11.000 morceaux de microplastiques par an.

Alors que l’oncroyait que 90% de la pollution microplastique était de sourceterrestre et que le reste provenait d’accidents de navigation, cettenouvelle étude est la première à examiner en profondeur la sourcede cette contamination.

« Nousexaminons avec le secteur industriel de l’eau et avec desuniversitaires de premier plan tous les types et quantités demicroplastiques qui pénètrent l’environnement. La rechercheprésente permettra d’établir des plans afin de s’attaquer à lasource de cette pollution », a déclaré un porte-parole del’Agence britannique de l’environnement.  

Cette étude est parue dans la revue Nature Geoscience

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