Politique

Catalogne : Les opposants à l’indépendance sont de nouveau plus nombreux que les partisans

Pour la première fois en deux ans, plus de Catalans voteraient contre l’indépendance de l’Etat aujourd’hui, plutôt qu’en sa faveur. C’est ce que l’on peut déduire du Baromètre Electoral du Centre d’Etudes d’Opinió (CEO). Le centre est l’organe du gouvernement catalan (Generalitat de Catalunya) chargé de mesurer les intentions électorales en Catalogne. Le CEO réalise 4 enquêtes par an sur les préférences politiques des Catalans, et il intègrela question de l’indépendance dans son questionnaire.

Le baromètre le plus récent mesure les intentions électorales pour les élections européennes à la fin du mois.

Lorsqu’on leur a demandé « Voulez-vous la Catalogne devienne un Etat indépendant ?», 48,6 % des personnes interrogées ont répondu négativement, tandis que 47,2 % ont répondu « oui », et pensent que l’Etat serait mieux séparé du reste de L’Espagne.

Les résultats marquent un revirement, car depuis juin 2017, la majorité des répondants se sont toujours prononcés contre l’indépendance. Il s’agissait de la dernière enquête avant le référendum illégal sur l’indépendance d’octobre 2017. Depuis lors, l’option de l’indépendance avait toujours été majoritaire.

Le «oui» a perdu 1,2 % depuis le dernier sondage du CEO et est passé de 48,4 % à 47,2 %. Le «non» a gagné plus de 3 % et recueille 48,6 % des suffrages, contre 44,1 % en mars.

La Catalogne ne sort pas de l’impasse

La Catalogne est dans l’impasse depuis des années, les séparatistes n’ayant pas obtenu 50 % des voix. Cependant, ils obtiennent toujours la majorité grâce à la répartition des sièges. C’est une conséquence d’un décret voté en 1980. En outre, la province de Barcelone – où vivent 77 % des Catalans – ne reçoit que 63 % des sièges. Une façon de limiter l’importance de la métropole par rapport à la campagne traditionnellement plus nationaliste. Par exemple, la province de Lérida, où vivent 5,7 % des Catalans, se voit attribuer 11 % des sièges.

En 2015, les séparatistes ont décidé de faire de l’indépendance leur seule priorité. Une initiative politique qui a abouti au référendum sur l’indépendance du 1er octobre 2017.

Mais les dirigeants catalans ont procédé avec précipitation et négligence. Principalement parce qu’une pensée unique s’était installée au sein des partis gouvernementaux séparatistes. Les gens ont commencé à penser que tout le monde pensait comme eux.

Carles Puigdemont et ses partisans ont complètement ignoré les 50 % de Catalans qui ne veulent pas de l’indépendance. Le «mandat du peuple», sur lequel s’appuyaient les séparatistes n’a donc jamais existé. Ce n’est pas parce que vous avez les sièges que vous avez aussi le soutien des gens.

Entre-temps, une série de séparatistes sont actuellement jugés à Madrid pour leur rôle lors du référendum. Le verdict et les sanctions possibles ne sont pas attendus avant octobre. Puigdemont s’est enfui en Belgiqueb dans les jours qui ont suivi le référendum, et il y réside encore aujourd’hui.

Dans le même temps, un autre sondage indique que Carles Puigdemont et son ancien vice-président Oriol Junqueras, qui a été emprisonné, auraient tous deux été élus au Parlement européen lors des élections qui auront lieu plus tard ce mois-ci .

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