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Le boycott idiot des produits catalans

L’ancienne ministre espagnole du Logement public, Maria Antonia Trujillo, une politicienne qui faisait partie du gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero (PSOE), a adressé la semaine dernière un tweet dans laquelle elle se plaint qu’on lui ait servi de l’eau minérale de la marque Font Vella dans un restaurant madrilène. « Je n’y retournerai pas… », écrit-elle. Font Vella est d’origine catalane, mais elle appartient au groupe agroalimentaire français Danone depuis longtemps. Un nouvel incident dans le conflit sans fin autour de l’indépendance catalane, qui est particulièrement combattue sur les médias sociaux.

L’ancienne ministre espagnole du Logement public, Maria Antonia Trujillo, une politicienne qui faisait partie du gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero (PSOE), a adressé la semaine dernière un tweet dans laquelle elle se plaint qu’on lui ait servi de l’eau minérale de la marque Font Vella dans un restaurant madrilène. « Je n’y retournerai pas… », écrit-elle. Font Vella est d’origine catalane, mais elle appartient au groupe agroalimentaire français Danone depuis longtemps. Un nouvel incident dans le conflit sans fin autour de l’indépendance catalane, qui est particulièrement combattue sur les médias sociaux.

La Catalogne et les boycotts commerciaux

La Catalogne a une certaine expérience des boycotts commerciaux. Lorsque la ville de Madrid s’était portée candidate pour l’organisation des JO en 2006, le séparatiste catalan et ancien vice-président de la Généralité de Catalogne Josep-Lluís Carod-Rovira, avait appelé les catalans à ne pas soutenir cette candidature.

Les conséquences commerciales n’ont pas tardé se faire sentir. Dans toute l’Espagne, on a appelé au boycott des produits catalans. Les deux marques populaires de cava, Freixenet et Codorniù ont immédiatement enregistré une baisse de leurs ventes dans le reste de l’Espagne de près de 5 %.

José Louis Bonnet (à gauche sur la photo, à côté du roi espagnol Felipe), le président de Freixenet et de la Chambre de Commerce hispanique, note que son entreprise fait fabriquer ses bouteilles pour son cava à Saragosse, et ses bouchons à Malaga. Bonnet était aussi l’un des chefs d’entreprises qui se sont opposés le plus fermement à la sécession de la Catalogne et in extremis, il n’a pas déplacé le siège de son entreprise. Mais un boycott des produits catalans affecterait également d’autres régions espagnoles, rappelle-t-il dans le journal espagnol El País.

Les politiciens doivent d’abord réfléchir avant de dire quelque chose

L’association des jeunes agriculteurs (Asaja) sonne l’alarme. « Les politiciens feraient peut-être bien mieux d’abord de réfléchir avant de dire quoi que ce soit », estime la secrétaire générale Cécilia Castelló. Elle craint une baisse de 15 à 20 % des ventes de produits catalans dans le reste de l’Espagne. Mais la liste est longue. Des produits tels que Cacaolat, Estrella Damm et San Miguel sont produits en Catalogne, mais de nombreux ingrédients proviennent d’autres régions espagnoles. « La majorité des exportations de la province d’Aragon sont destinées à la Catalogne », affirme Pedro Aznar, professeur d’économie à l’ESADE. « Un boycott des produits catalans pourrait affecter l’ensemble du tissu de la production espagnole », dit-il dans le même journal.

Ça ne va jamais

Dans ce domaine, les chefs d’entreprises ne peuvent rien faire de bien. Bonet s’est lui-même exprimé contre la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne. Cela lui a donné du crédit dans le reste de l’Espagne, mais les séparatistes catalans ont appelé au boycott des produits Freixenet. 1800 entreprises ont quant à elles quitté la région en raison de la situation peu claire de la Catalogne. Cumulées, elles représentent 30 % du PIB espagnol.

Les politiciens n’ont pas encore cessé de monter les Espagnols les uns contre les autres

Trujillo démontre une nouvelle fois que les politiciens n’ont pas encore cessé de monter les Espagnols les uns contre les autres. En réponse, elle a dit que « Le véritable scandale n’était pas ce qu’elle pense ou consomme, mais que le président de la région de l’Estrémadure autorise que les tomates de la région soient vendues au pizzaiolo Catalan Tarradellas – une cible privilégiée des anti-Catalans -, au lieu d’être transformées dans leur propre région ».

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