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Ça y est : Mark Zuckerberg a réussi à implanter Facebook en Chine… ou pas

Malgré tous ses efforts (incluant l’apprentissage du mandarin), Mark Zuckerberg, le CEO de Facebook, n’était jamais parvenu à implanter le plus gros réseau social du monde. La Chine bloque le réseau social depuis 2009, et ses tentatives pour percer son marché de 770 millions d’internautes dse sont soldées par des échecs. Mais ces déceptions ne sont plus qu’un mauvais souvenir : Facebook semble avoir trouvé un moyen de se doter d’une filiale chinoise. A moins que…

Le New York Times relate que des documents gouvernementaux publiés par des officiels chinois montrent que Facebook a obtenu le 18 juillet dernier la permission de créer une filiale dans la ville de Hangzhou, située dans la province orientale du Zhejiang, “Facebook Technology”. Elle aurait été dotée d’un capital de 30 millions de dollars (environ 26 millions d’euros) pour son lancement.

Zuckerberg a vendu son âme au diable par le passé pour tenter de pénétrer le marché chinois

Facebook a déjà tenté de pénétrer le marché chinois par le passé, y compris avec une application de partage de photos, Colorful Balloons, créée en 2017. L’année précédente, la firme avait également tenté de se conformer  aux exigences en matière de censure en développant un outil de surveillance des sujets les plus discutés sur sa plate-forme, et de suppression des contenus les plus problématiques selon les autorités chinoises.

Mais la création de cette filiale est la première présence officielle de Facebook en Chine.

Un « hub de l’innovation »

Le projet de Zuckerberg consisterait à contribuer au lancement de startups  et à former les développeurs de logiciels à travers des ateliers, à l’instar des “hubs de l’innovation” que la firme a déjà créés en France, en Corée du Sud, en Inde et au Brésil.

Mais lorsque le site technologique Recode l’avait interrogé sur ses projets en Chine récemment, il avait répondu : “Nous sommes bloqués. (…) Je pense que nous avons encore beaucoup de chemin avant de faire quoi que ce soit. (…) Nous devons trouver une solution conforme à nos principes et à ce que nous voulons faire, conformément aux lois en vigueur, sinon cela ne se produira pas. À l’heure actuelle, il n’y a pas de point de convergence”.

Aussi vite accordé, aussi vite retiré…

Même si elle est autorisée à faire des affaires en Chine, la filiale Facebook ne sera qu’un petit pas en Chine, et devrait être confrontée à de nombreux obstacles réglementaires…qui pourraient déjà commencer à se manifester.

En effet, le New York Times rapporte ce soir que l’enregistrement de la société a été supprimé du site Web du gouvernement chinois et que certaines références à cette filiale ont été mystérieusement censurées sur les réseaux sociaux chinois. Selon une personne ayant une bonne connaissance de ce dossier, et ayant souhaité demeurer anonyme parce qu’elle n’était pas autorisée à évoquer ce sujet, la licence accordée au géant américain lui aurait été retirée. Selon cette source, cette décision de retrait est intervenue après un désaccord entre des responsables du Zhejiang et le régulateur national de l’Internet, l’Administration du Cyberespace de Chine, furieux de ne pas avoir été réellement consulté à ce sujet. Cependant, cette décision ne remet pas en cause définitivement la possibilité d’une implantation de Facebook en Chine, même si elle rend le succès de cette entreprise très improbable, a ajouté la source.

« Zuckie » a de quoi se consoler

Même si cette énième tentative pour poser le pied en Chine avorte, Zuckerberg a de quoi se consoler avec la notion que l’Empire du Milieu demeure, malgré son interdiction d’y mener ses opérations en direct,  le second plus gros marché de l’entreprise. Des études menées par le cabinet de recherche new-yorkais Pivotal montrent que Facebook y réalise 10 % de son chiffre d’affaires mondial.

Mais le business model chinois de Facebook n’est pas le même que celui qui s’applique ailleurs sur la planète : la plus grande partie de ses ventes proviennent des ventes de publicité à des firmes chinoises qui utilisent le réseau social pour atteindre leurs cibles de clients établis dans le monde entier. Facebook aurait de cette manière encaissé pas moins de 5 milliards de dollars (environ 4,2 milliards d’euros) de chiffre d’affaires.

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