Le Brexit pourrait faire augmenter le prix de la Guinness pour une raison étonnante

Le groupe international Diageo risque de se heurter à des problèmes à cause du Brexit. Cette multinationale craint en effet que ses produits comme la mondialement célèbre Guinness, ne deviennent sensiblement plus chers étant donné la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. La Guinness est en effet produite dans diverses brasseries de la république d’Irlande. Toutefois, la mise en bouteille et la conservation ont lieu à Belfast en Irlande du Nord.Selon Diageo, le Brexit crée donc une frontière européenne entre la production et la mise en bouteille, ce qui peut engendrer de sérieux retards et par conséquent, un important surcoût.« La Guinness est exportée dans le monde entier à partir de la capitale d’Irlande, Dublin », explique The Economist. Avant cela, la mise en bouteille a lieu à Belfast, capitale d’Irlande du Nord. Selon les estimations, Guinness doit donc organiser par an plus de 13.000 passages frontaliers entre les deux pays grâce à des camions-citernes.Etant donné que pour le moment ces deux pays font partie de l’Union européenne, cette situation pose peu de problèmes. Cependant, comme le Brexit menace de séparer l’Irlande du Nord de l’Union européenne, à l’avenir des contrôles douaniers seront réalisés avec les retards que cela implique.

Contrôles

« Guinness estime que même un arrêt de 30 minutes en raison de contrôles douaniers ajouterait environ 100 euros aux frais de chaque voyage », explique The Economist. Cela coûterait au brasseur irlandais environ 1,3 million d’euros par an et ces frais devront être répercutés sur le consommateur.Guinness n’est pas la seule société dans cette situation. Une grande partie de la production de lait d’Irlande du Nord est transformée en Irlande, alors que le fromage irlandais fait le chemin inverse. Des moutons et des vaches franchissent également souvent la frontière pour être abattus dans le pays voisin.« Etant donnée les superficies, cela n’a aucun sens de construire des deux côtés de la frontière des usines de transformation pour la plupart des aliments », indique The Economist.Michel Barnier, négociateur pour le Brexit auprès de la Commission européenne, a déclaré qu’après la séparation, l’ensemble des stocks de viande britannique importée sera soumis à des contrôles douaniers.L’Union européenne ne veut pas courir le risque que la frontière irlandaise offre à la Grande-Bretagne la possibilité de rentrer en Europe par une porte dérobée de la viande en provenance des Etats-Unis où s’appliquent d’autres normes de sécurité.