Brexit : « La réalité économique commence à rattraper les faux espoirs des Britanniques »

Dans un article publié sur le site du Project Syndicate, l’investisseur philanthrope de nationalité américano-hongroise George Soros juge que le Brexit était une proposition « perdant-perdant » tant pour le Royaume-Uni que l’UE, et que l’économie du Royaume-Uni en paiera le prix fort, au travers d’une dette des ménages galopante, et d’un effondrement du niveau de vie. La semaine dernière, l’agence de statistiques britannique a publié des chiffres montrant que la progression des salaires n’était pas aussi rapide que la hausse de l’inflation découlant de la dépréciation de la livre sterling. En clair : le pouvoir d’achat des Britanniques s’érode.Soros, qui est connu pour être « l’homme qui a fait sauter la banque d’Angleterre » après avoir spéculé sur la chute de la livre sterling en 1992, recommande au Premier ministre britannique Theresa May de se montrer plus conciliante dans le cadre des négociations pour le Brexit,  afin d’obtenir un accord permettant au Royaume-Uni de demeurer dans le marché unique « pendant une période assez longue pour mener à bien tout le travail juridique ».

Mais pour Soros, le mal est déjà fait :

« La réalité économique commence à rattraper les faux espoirs de la population. Ils ont cru les promesses de la presse populaire, selon lesquelles le Brexit ne réduirait pas leur niveau de vie, et ils sont parvenus à maintenir ce niveau de vie en élevant l’endettement de leur foyer. Lorsque ce qui s’est passé en juin se sera reproduit plusieurs fois sur les mois suivants, les ménages vont réaliser que leur niveau de vie est en baisse et qu’ils devront réajuster leurs habitudes de consommation. Pour ne rien arranger, ils réaliseront aussi qu’ils se sont surendettés et qu’ils devront rembourser leurs dettes. (…)

Le Royaume-Uni se rapproche rapidement du moment critique qui caractérise tous les développements économiques non durables ».

On ne peut annuler le résultat du référendum, mais l’on peut prendre acte d’un changement d’avis des Britanniques, estime Soros, qui propose une marche arrière en conclusion :

« Il faudra au moins cinq ans pour réaliser le Brexit, pendant lesquels de nouvelles élections pourraient avoir lieu. Si tout se passait bien, les deux partis pourraient bien vouloir se remarier avant même d’avoir divorcé».

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