Science

Bill Gates : « Bientôt, un vaccin révolutionnaire contre le cancer »

La bataille contre le cancer serait-elle sur le point d’être gagnée ? C’est en tout cas ce qu’affirme le milliardaire philanthrope Bill Gates. Appelé à citer les 10 « technologies révolutionnaires » dont il estime qu’elles sont de nature à affecter de manière significative l’existence de l’humanité, il a évoqué un vaccin personnalisé contre le cancer que les scientifiques seraient en train de développer. 

Le cancer est la deuxième cause de décès dans le monde, devant les maladies cardiovasculaires. On estime que rien qu’aux Etats-Unis, 600 000 personnes meurent chaque année des suites d’un cancer.

Une réaction du système immunitaire

Gates a expliqué que le vaccin actuellement à l’étude vise à déclencher une réaction du système immunitaire du patient. Ce dernier devient ainsi capable d’identifier une tumeur par ses mutations uniques. Si les chercheurs parviennent à obtenir ce qu’ils recherchent, ce vaccin pourrait effectivement soigner un grand nombre de cancers.

Bill Gates rappelle c’est en 2008 que l’on a commencé à envisager les vaccins pour soigner le cancer. A cette époque, des scientifiques ont publié pour la première fois le génome séquencé (c’est à dire l’ordre d’enchaînement des composants de son ADN) d’une cellule cancéreuse.

Par la suite, ils ont commencé à comparer des mutations de différents types de tumeurs. Ces travaux leur ont permis de découvrir que la plupart des tumeurs avaient des mutations uniques. Autrement dit, chaque tumeur était unique, incomparable à une autre tumeur, et ses cellules n’étaient pas non plus semblables à celles des tissus sains. Cette observation a mené à la conclusion qu’il était nécessaire de concevoir un traitement personnalisé pour chaque patient.

Moins agressif, avec un effet persistant

Plusieurs entreprises tentent actuellement de développer des vaccins contre le cancer. Elles procèdent à des tests sur des vaccins basés sur les mutations de cellules de tumeurs spécifiques. Le vaccin agirait en amenant le système immunitaire du patient à rechercher, puis à détruire les cellules comportant les mutations spécifiques à une tumeur bien particulière.

Comme il fait appel aux propres anticorps du patient, ce vaccin sera bien moins agressif que les chimiothérapies classiques, et devrait ménager les cellules saines du malade. En outre, il aurait un effet persistant : les cellules immunitaires demereuront vigilantes après la destruction de la tumeur. Elles continueront de rechercher de potentielles nouvelles cellules cancéreuses, ce qui signifie qu’elles pourraient réduire le risque de récidive.

Néanmoins, un obstacle de taille demeure : la personnalisation du traitement implique qu’il sera nécessaire de développer et de produire un certain nombre de vaccins pour chaque personne atteinte du cancer, ce qui risque d’être compliqué et onéreux.

Il est en effet nécessaire de réaliser une biopsie sur la tumeur en question pour réaliser le vaccin. Ensuite, il faut établir le génome séquencé (sorte de passeport génétique de cette tumeur). Ces informations doivent ensuite être transmises à un site de production, qui devra fabriquer le vaccin. Ce dernier devra ensuite être rapidement envoyé à l’hôpital, pour qu’il puisse être injecté sans délai. « Les retards pourraient être fatals », souligne Gates.

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