Beppe Grillo : « Notre première mesure ? Un revenu universel de 800 euros »

«Notre perception de Trump est déformée par les médias »

«Notre première mesure sera l’institution d’un revenu universel sans condition, qui équivaut à un minimum de survie, soit 800 euros par mois, selon les statistiques. Mais cela pourrait être un peu plus. »

Cette déclaration, c’est celle du dirigeant du Movimento Cinque Stelle ou M5S (mouvement 5 Étoiles), Beppe Grillo, dans une interview accordée au journal français Le Journal du Dimanche.

L’année dernière, le M5S de Grillo s’est emparé du pouvoir à Rome et à Turin, et il est maintenant au coude à coude dans les sondages avec le Partito Democratico de l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, qui a dû démissionner à la fin novembre après avoir perdu un référendum.

La date pour les prochaines élections n’a pas encore été fixée, mais elles devraient avoir lieu dans tous les cas avant février 2018, la date d’achèvement normale du gouvernement  de Renzi.

Grillo rappelle que l’on recense 4 millions de pauvres en Italie et que d’ici les  5 prochaines années, leur nombre devrait doubler. En outre, la moitié des métiers devraient être éclipsés en raison des progrès technologiques. La création d’un revenu minimum s’accompagnerait de la suppression des différentes aides sociales,  y compris les indemnités de chômage.

Le politicien a aussi promis de prendre des mesures pour lutter contre la corruption, réformer la fiscalité pour aider les PME, et défendre le « made in Italy » avec des dispositions protectionnistes.

Il a aussi évoqué la question des référendums :

«Nous organiserons un référendum sur l’euro. Quelle est la meilleure expression de la démocratie aujourd’hui si ce n’est le référendum? Le Brexit a été un référendum clair : oui ou non. La Grande-Bretagne devait sombrer, ce devait être une catastrophe… Il ne s’est rien passé de tel, au contraire. La Grande-Bretagne se porte encore mieux maintenant!»

Grillo s’est dit « plutôt optimiste » au sujet du nouveau président des États-Unis, et a salué « la nécessité, par exemple, de ramener l’activité économique à l’intérieur des États-Unis ». Il a estimé que le nouveau président avait dit « ce qu’il fallait sur le protectionnisme » à la Chine :

« Trump semble modéré, les médias ont déformé son point de vue et il s’est simplement adapté à ce qu’on disait de lui. La perception que nous avons de lui est donc déformée. Les grandes entreprises n’iront plus au Mexique mais resteront aux États-Unis, elles seront défiscalisées. ll relance la petite et moyenne entreprise et retirera l’armée américaine postée aux quatre coins du monde. Je suis en accord avec tout cela. »

Beppe Grillo : « Trump et Poutine sont un bénéfice pour l’humanité »

Grillo rappelle que l’embargo imposé par l’Europe à la Russie coûte 7 milliards d’euros par an à l’Italie, et il caresse donc l’espoir d’une levée des sanctions à l’égard de la Russie.

Mais il a aussi salué la volonté de dialogue de Trump à l’égard de Poutine :

« Deux géants comme eux qui se parlent, c’est le rêve du monde entier! Nous étions en guerre froide, avec l’arme nucléaire. La politique internationale a besoin d’hommes d’État forts comme eux. Je les vois comme un bénéfice pour l’humanité. Poutine est celui qui dit les choses les plus sensées sur la politique étrangère », a-t-il dit, ajoutant :

« Et si Donald Trump veut sortir de l’Otan, qu’il le fasse! »

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