Economie

A l’approche de la récession, les banques d’investissement suppriment 30 000 emplois

HSBC Holdings, Barclays, Société Générale, Citigroup et Deutsche Bank figurent parmi les banques d’investissement qui ont pris récemment des mesures pour réduire drastiquement leurs effectifs. Elles tentent ainsi de compenser la baisse des taux d’intérêt et la faiblesse des volumes d’échanges tout en s’adaptant à l’automatisation croissante du secteur. Depuis le mois d’avril, près de trente mille postes auraient ainsi été supprimés, ou menacent de l’être.

Selon le Financial Times, la plupart de ces suppressions de postes ont lieu en Europe. A elle seule, la Deutsche Bank, actuellement en pleine restructuration, en concentre 18 000, soit plus de la moitié. De son côté, la banque Barclays a annoncé qu’elle allait réduire ses effectifs de 3000 personnes ; la Société Générale avait préalablement annoncé une réduction de 1600 postes. Mais à New York également, environ 2 800 emplois ont été perdus en un an.

Les suppressions de postes déjà connus représentent environ 6 % des effectifs des banques concernées, affirme le journal financier.

Préserver les marges dans un environnement défavorable

Les banques d’investissement subissent la pression des investisseurs qui souhaitent qu’elles réduisent leurs coûts pour préserver leurs bénéfices. Depuis le début de la baisse des taux d’intérêt aux États-Unis en novembre dernier, le cours des actions des banques américaines a chuté d’environ 5 %, dans un marché boursier qui a gagné 6 %. De même, l’indice boursier qui suit les grandes banques européennes s’est effondré de 16 % sur la même période. Il est actuellement à son plus bas niveau en 3 ans.

Les raisons invoquées pour justifier ces réductions d’effectifs varient d’une banque à l’autre. Mais il semble qu’un facteur soit décisif : l’augmentation des encours de dettes assortis d’un taux d’intérêt négatif. « Il est difficile [pour une banque d’investissement] de gagner de l’argent dans un environnement de taux négatifs », explique Andrew Lowe, analyste chez Berenberg.

De plus, le trading automatisé, les stratégies d’investissement passives et l’augmentation des volumes traités par les grands acteurs ont rogné les marges qu’elles réalisaient sur le trading d’actions et d’autres produits financiers.

Une évolution structurelle des activités

Désormais, l’automatisation du trading se généralise. Elle a maintenant été introduite dans la négociation de produits dérivés de plus en plus complexes, les matières premières et le marché obligataire. Selon les analystes de Coalition, une firme de recherche bancaire, les chiffres d’affaires totaux des douze plus grandes banques d’investissement du monde issus du trading des actions, des matières premières et des devises sont retombés aux niveaux qu’ils atteignaient il y a 16 ans.

« Les banques d’investissement sont confrontées à un changement structurel de leur profil de revenu », explique Ed Firth, analyste chez Keefe Bruyette & Woods. « Les banques qui s’en sortiront devront avoir les volumes, les systèmes et la puissance de leurs ordinateurs. Quelq sont les effectifs dont elles auront besoin ? »

Les banques se préparent également à l’introduction des nouvelles règles financières, qui entreront en vigueur avec l’accord de Bâle IV dans trois ans. Celui-ci impose des capitalisations bancaires encore plus élevées, ce qui risque de réduire encore les volants de capitaux consacrés au trading, et, partant, la rentabilité de cette activité.

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