Politique

Baie des Cochons 2.0? : « La Russie dispose d’une base militaire à moins d’une heure de vol de Miami »

Selon l’agence de presse russe TASS, les Russes renforcent durablement leur présence en Amérique centrale. Le Venezuela leur aurait offert une île sur laquelle ils pourront établir une base militaire.

La Russie envisage d’établir une base militaire sur une île au large des côtes du Venezuela. C’est ce que rapporte l’agence de presse russe TASS. Deux avions russes Tupolev Tu-160 sont arrivés sur l’île de La Orchila plus tôt ce mois-ci. Ces bombardiers peuvent être utilisés sur de longues distances et peuvent transporter des ogives. L’avion a effectué plusieurs missions d’essai dans les Caraïbes.

Des Tupolev Tu-160

Le Tupolev Tu-160 est un bombardier stratégique supersonique à géométrie variable fabriqué en Russie. L’avion a une autonomie de vol de plus de 12 000 km sans ravitaillement en carburant et peut maintenir une vitesse de Mach 2 (2 385 km/h) pendant une période prolongée. En conséquence, le Tu-160 – surnommé White Swan – pourrait théoriquement atteindre Miami en moins d’une heure. Les avions de chasse ne pourraient pas l’intercepter, en raison de sa vitesse élevée et durable. 

Une base russe à La Orchila ?

Selon TASS, la base russe serait établie sur l’île de La Orchila, à environ 200 km au nord-est de la capitale vénézuélienne, Caracas.

Si cette information est confirmée, il s’agirait de l’établissement de l’une des bases militaires étrangères les plus importantes de l’armée russe depuis la crise cubaine de 1962. 

En vertu de la loi vénézuélienne, aucune base militaire ne pouvant être installée sur le territoire du pays, le président Nicolas Maduro aurait délivré un permis temporaire en échange d’une aide financière indispensable. Le prédécesseur de Maduro, Hugo Chavez, aurait déjà proposé aux Russes en 2008 d’utiliser La Orchila à des fins militaires, une invitation à laquelle les Russes avaient alors décidé de ne pas donner suite. 

Un signal pour Trump

Selon des experts étrangers, Maduro souhaite faire savoir clairement aux États-Unis que son régime bénéficie du soutien d’alliés importants. La Russie et le Venezuela partagent des intérêts communs sur les marchés pétroliers.

Dans le journal Nezavisimaya Gazeta, Eduard Rodyukov, membre de l’Académie des sciences militaires de Russie, a déclaré que l’arrivée des bombardiers stratégiques russes Tu-160 en Amérique centrale devrait servir de signal au président américain Donald Trump. De cette manière, on lui indique clairement que la dénonciation des traités nucléaires générera un effet boomerang.

En octobre, Trump avait confirmé que les États-Unis se retireraient d’un traité sur les armes nucléaires qu’ils avaient signé avec la Russie pendant la guerre froide. Il s’agit du Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI), qui restreint les armes nucléaires à moyenne portée. Trump a accusé Moscou d’avoir violé ce traité pendant des années, ce que les Russes ont nié.

La chaîne affiliée au Kremlin Russia Today a fait part comme à son habitude de son enthousiasme pour l’arrivée des deux avions sur le territoire vénézuélien

« Ce n’est pas vrai, même si j’aurais bien aimé que ce soit le cas »

Dans la presse vénézuélienne, des informations contradictoires sur les projets de La Orchilla apparaissent. Selon le président du Parlement, Diosdado Cabello, il s’agit bien d’un permis temporaire et il n’est pas question de créer une base russe. « Bien que j’aurais aimé que ce soit le cas », a répondu Cabello à une question d’un parlementaire. Les avions seraient repartis 4 jours après leur arrivée.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a déjà répondu à l’annonce de la coopération [temporaire] via Twitter: « Les peuples russe et vénézuélien doivent comprendre ce qui se passe ici : deux gouvernements corrompus qui gaspillent les fonds publics et qui étouffent la liberté pendant que leur peuple souffre. »

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