Autoriser le port d’armes ? Après les attentats de Londres, le temps est venu d’en discuter

« Theresa May s’apprête à recourir aux moyens les plus traditionnels de lutte contre le terrorisme : les lois d’exception et la censure, écrit Gaspar Koenig, professeur français de philosophie et président du Think Tank Génération Libre, dans un article d’opinion dans le journal économique français les Echos (« Faire Face à l’ubérisation du terrorisme »). Face à ce qu’il qualifie de « terrorisme ubérisé » pour décrire cette nouvelle forme de terrorisme décentralisé à l’extrême en reprenant une expression du criminologue Alain Bauer, il propose rien que moins que de permettre aux citoyens de recourir à l’autodéfense, et d’autoriser le port d’armes.

« Theresa May s’apprête à recourir aux moyens les plus traditionnels de lutte contre le terrorisme : les lois d’exception et la censure, écrit Gaspar Koenig, professeur français de philosophie et président du Think Tank Génération Libre, dans un article d’opinion dans le journal économique français les Echos (« Faire Face à l’ubérisation du terrorisme »). Face à ce qu’il qualifie de « terrorisme ubérisé » pour décrire cette nouvelle forme de terrorisme décentralisé à l’extrême en reprenant une expression du criminologue Alain Bauer, il propose rien que moins que de permettre aux citoyens de recourir à l’autodéfense, et d’autoriser le port d’armes.

« Nous ne pouvons autoriser à cette idéologie l’accès à l’espace sûr dont elle a besoin pour prospérer – pourtant, c’est précisément ce qu’Internet, et les grandes firmes qui fournissent les services de l’internet, fournissent. Nous devons travailler avec les gouvernements démocratiques alliés pour conclure des accords internationaux pour réglementer le cyber-espace afin d’éviter la propagation du terrorisme et de l’extrémisme », a en effet déclaré dit le Premier ministre britannique Teresa May dans le sillage de l’attentat du London Bridge.Le Premier britannique veut renforcer les sanctions contre les terroristes, favoriser les expulsions et durcir les mesures d’assignation à résidence.  Elle a aussi proposé de « faire davantage pour restreindre la liberté de mouvement des personnes suspectées de terrorisme lorsqu’il existe suffisamment de preuves qu’elles constituent une menace, mais pas suffisamment pour les traduire en justice ».Mais cet « agenda répressif qui poussera les extrémistes dans des retranchements digitaux encore plus inaccessibles, empêchera l’émergence d’un contre-discours rationnel et accordera à nos ennemis une première victoire sur l’Etat de droit », déplore Koenig.Il rappelle que l’article 2 de la Déclaration universelle des droits de l’homme affirme que la sûreté est l’un des quatre droits de l’homme naturels et imprescriptibles, dont la conservation est le but de toute association politique. En signant le contrat social, le citoyen a concédé la possibilité de se défendre individuellement contre une garantie de sécurité collective.

L’ubérisation bouscule les politiques publiques

Mais dans une situation où l’Etat se trouve dans l’incapacité d’assurer ce droit, il est légitime que le citoyen puisse se réapproprier le droit de se défendre en toute légalité.La police de Londres a mis huit minutes pour se rendre sur le site de l’attentat, ce qui constitue une prouesse, mais n’a pas suffit pour empêcher le massacre.

« Comme toujours, l’ubérisation bouscule les politiques publiques. Elle nous force aujourd’hui à revoir de fond en comble nos principes de sécurité intérieure ».

L’ubérisation brise les monopoles ; en l’occurrence, celui de la violence légitime

« L’ubérisation brise les monopoles ; en l’occurrence, celui de la violence légitime », ajoute Koenig. Il estime qu’en plus des 3 instructions que la police donne à la population (fuir, se cacher, prévenir), on devrait adjoindre celle de riposter : « C’est une mutation culturelle violente, regrettable, mais devenue inévitable », en dit-il.

Un port d’armes encadré pour éviter les abus américains

Mais cette possibilité de riposte doit être assortie d’une attribution de moyens pour assurer cette défense :

« Les policiers ont d’ores et déjà été autorisés à porter leur arme en civil. Puisque l’on parle de réserve citoyenne et de service militaire, il devient impératif de se demander à qui, comment et à quelles conditions, parmi la population, ce droit pourrait être élargi, avec une forme d’encadrement strict qui prévienne les excès nord-américains. »

Et Koenig d’y voir une grande vertu démocratique :

« Loin de constituer un retour à la barbarie, ne serait-ce pas une manière de redonner du pouvoir à la société civile et du sens à la citoyenneté ? »

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