Politique

Au Royaume-Uni, la majorité des membres du parti conservateur préférerait un Brexit sans accord

Au Royaume-Uni, un sondage réalisé par l’Economic and Social Research Council (ESRC) conclut qu’une majorité de membres du parti Tory, le parti de la Première ministre Theresa May, sont en faveur d’un « No-deal Brexit », c’est à dire d’un Brexit sans accord.

Les 1215 participants au sondage, tous membres du parti conservateur britannique au pouvoir (Tory) pouvaient choisir entre 3 options : quitter l’UE sans accord, quitter l’UE selon les thermes de l’accord proposé par Theresa May, ou rester un membre de l’UE.

57 % des membres du parti Tory préfèrent un Brexit sans accord

57 % ont opté pour un départ de l’UE sans accord ; 23 % ont préféré quitter l’UE selon les termes de l’accord proposé par Theresa May ; enfin, 15 % seulement se sont dits favorables à un maintien du Royaume-Uni dans l’UE. 

Les résultats étaient encore plus flagrants lorsque l’on ne leur proposait plus que les deux options d’un Brexit avec ou sans accord. 64 % d’entre eux choisissaient cette dernière formule, contre 29 % qui se rangeaient derrière l’accord de Theresa May. Autrement dit, la majorité des Tories qui ne souhaitent pas le Brexit préfèrent un Brexit sans accord, plutôt qu’un Brexit selon les clauses de l’accord négocié par la Première ministre. 

Il s’agit donc d’un nouveau camouflet pour cette dernière. Non seulement elle a échoué à convaincre son pays que sa proposition d’accord avec l’UE était ce qu’il y avait de mieux pour son pays, mais elle a n’a pas non plus convaincu ses collègues de son propre parti.

Une défiance à l’égard du « backstop » irlandais

Malgré cela, la Première ministre espère encore obtenir la majorité au Parlement lorsqu’elle soumettra l’accord qu’elle a négocié avec l’UE au vote des députés dans le courant de ce mois, ce qui semble de plus en plus improbable. En revanche; compte tenu des résultats du sondage, il n’est pas impossible que les députés britanniques les plus hostiles à son projet réclament que le Royaume-Uni s’en tienne aux règles de l’Organisation mondiale du Commerce. 

« Les membres du parti Tory sont désormais convaincus que le filet de sécurité irlandais (le ‘backstop’, c’est à dire une solution pour éviter le rétablissement de contrôles douaniers à la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord) est une mauvaise idée », explique le politologue Tim Bale, qui a mené cette enquête. 40% des sondés pensent que c’est une raison pour rejeter l’accord et 21% pensent qu’il n’était pas pertinent, parce que l’accord négocié par May « est mauvais de toute façon ».

Les 3/4 des Tories sont convaincus qu’un « no-deal Brexit » pourrait avoir lieu sans heurts

Le sondage a également montré qu’en cas de choix entre un maintien dans l’UE et un Brexit sans accord, 76 % des sondés choisiraient cette dernière option. « Les membres du parti conservateur, comme les électeurs conservateurs, sont profondément convaincus qu’un Brexit sans accord pourrait avoir lieu sans perturbations, en dépit des efforts de leur propre gouvernement [pour les convaincre du contraire].

« 72 % des électeurs qui ont l’intention de soutenir les Conservateurs actuellement pensent que les avertissements sont « exagérés ou inventés. Or, ces membres sont convaincus à 64 % contre 19 % qu’un départ sans accord aurait un impact positif plutôt que négatif sur l’économie britannique à moyen et long terme », précise le politologue. 

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