Au Portugal, c’est toutes les 5 minutes qu’une personne quitte le pays…

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Le Financial Times rapporte que le Portugal déplore une forte fuite des cerveaux, et que le pays renoue avec la forte vague d’émigration qu’il avait connue dans les années 1960. Selon les officiels et les chercheurs, plus de 100.000 personnes quitteraient le pays chaque année. Cela correspond au rythme de départ d’une personne toutes les 5 minutes, un taux d’émigration qui est comparable à celui de l’Irlande. « Dans un pays de 10 millions d’habitants, cela représente une énorme vague d’émigration », commente João Peixoto, un sociologue qui collabore avec l’Observatoire de l’Emigration du Portugal.

Mais cette fois-ci, contrairement aux années 1960 qui avaient essentiellement vu partir des travailleurs pauvres, généralement issus du monde agricole et peu qualifiés, ce sont principalement des jeunes diplômés, souvent titulaires de qualifications importantes, qui décident de partir. Ils sont accompagnés de professionnels très qualifiés âgés de la trentaine ou de la quarantaine, qui recherchent de meilleures opportunités à l’étranger.

Les jeunes Portugais ont été parmi les plus durement touchés par la crise et les mesures d’austérité que le gouvernement a prises pour satisfaire les conditions de son plan de sauvetage de 78 milliards d’euros. Le taux de chômage s’établit à 16,4% au Portugal, mais pour les jeunes de moins de 25 ans, il culmine à 37%. Et parmi les jeunes, les jeunes diplômés sont ceux qui se retrouvent le plus souvent au chômage.

Au cours de la dernière décennie, le Portugal a réussi à doubler le pourcentage de personnes âgées de 30 à 34 ans ayant suivi des études supérieures. Il se targue d’être l’un des pays européens qui compte le plus d’étudiants en doctorat. « Le Portugal a investi de grosses sommes d’argent pour former les gens qu’il est en train de perdre », regrette Daniel Traça, le vice-doyen de la Nova School of Business and Economics de Lisbonne. « Notre objectif devrait être de réformer l’économie pour s’assurer qu’ils reviennent dans quelques années », ajoute-t-il.

Selon les études, Londres serait une des villes favorites pour ces candidats à l’émigration, et notamment pour les infirmières, les ingénieurs informatiques et les spécialistes de la finance. En Grande-Bretagne, les infirmières, qui ne gagnent que 1.300 euros par mois au Portugal, peuvent doubler leur salaire. Les plus expérimentées peuvent même espérer des rétributions annuelles de l’ordre de 40.000 euros. Mieux, dans certains Etats du Golfe, les infirmières portugaises se voient offrir des salaires de 7.000 euros mensuels, nets d’impôts. 

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