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Une boîte de Pandore vient-elle d’être ouverte ? Des firmes US ont été autorisées à vendre des technologies nucléaires à l’Arabie saoudite

Rick Perry, le secrétaire américain à l’Énergie, a autorisé à six reprises des entreprises américaines à vendre secrètement des technologies nucléaires civiles et leur assistance pour leur développement à l’Arabie saoudite. Ces technologies devraient permettre au Royaume de bâtir des centrales nucléaires sur son sol. C’est ce qui ressort de documents dont Reuters a eu communication.

Un appel d’offres que les entreprises américaines veulent absolument remporter

Ces autorisations permettent à ces entreprises de lancer des travaux préliminaires en vue de conclure un accord pour développer des centrales nucléaires en Arabie saoudite. Néanmoins, elles ne permettent de construire des installations ou d’exporter des matériels pour débuter l’équipement de ces centrales.

Les documents indiquent également que ces entreprises ont demandé à Washington de garder le secret sur leurs négociations.

L’Arabie saoudite a déjà annoncé son intention de construire deux centrales nucléaires. Elle étudierait actuellement des offres émanant de la Russie, de la Corée du Sud et des États-Unis. Elle devrait annoncer prochainement le pays qu’elle souhaite avoir pour partenaire pour ce projet.

Une boîte de Pandore vient-elle d’être ouverte ?

Ce n’est pas une première. Par le passé, des autorisations semblables délivrées par le ministère de l’Énergie américain avaient été révélées au public. Cela suggère que les entreprises énergétiques américaines et l’administration Trump sont prêts à conclure des ententes nucléaires controversées tant qu’elles ne risquent pas de susciter le tollé le de la population américaine.

Les experts et certains politiciens pensent en effet que la nucléarisaton de l’Arabie saoudite pourrait ouvrir une boîte de Pandore au Moyen-Orient. Le nucléaire civil et le nucléaire militaire sont considérés comme des « frères siamois », selon la formule du lauréat du Prix Nobel Hannes Alfvén. Autrement dit, ils sont les deux faces d’une même médaille. Lorsque l’on dispose de l’un, il est assez facile de se doter de l’autre.

Si elle décide de se doter de l’arme nucléaire, l’Arabie saoudite risque de déclencher une épidémie au Moyen-Orient. En effet, d’autres pays de la région, inquiets pour leur sécurité, seraient incités à en faire de même sous couvert de légitime défense.

Les membres du Congrès veulent pouvoir suivre cette affaire

Au mois de mars, le prince Mohammed Ben Salmane a déclaré que bien que son pays n’avait aucun désir de se doter de l’arme nucléaire a priori, il n’hésiterait pas à le faire si l’Iran venait à développer une bombe atomique. En 2015, l’Arabie saoudite avait demandé au Pakistan, un pays allié qui dispose lui-même de la bombe atomique, de lui procurer des armes nucléaires. Le Royaume s’est également opposé à toute tentative des Etats-Unis de l’empêcher d’enrichir de l’uranium clandestinement et de retraiter le combustible usé.

Bien que ces accords secrets ne signifient pas que Riyad s’engage effectivement dans cette voie, certains membres du Congrès réclament maintenant une surveillance accrue de tout partenariat futur. Mercredi, le député américain Brad Sherman a réclamé la communication des noms des sociétés qui négocient actuellement avec l’Arabie saoudite.

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