‘Après le surendettement, la crise de l’énergie est devenue le problème N°1 de l’Europe’

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« Nous sommes face à un massacre industriel systématique », a alerté Antonio Tajani, le Commissaire européen à l’industrie. Il s’inquiète de la hausse des prix de l’électricité, induite par le choix de l’Europe de se tourner davantage vers les énergies renouvelables. Les industriels européens ne peuvent pas lutter contre les Américains qui bénéficient de la révolution du gaz de schiste, qui a réduit les coût du gaz naturel de 80% aux Etats-Unis.

« Je suis favorable à l’écologie, mais nous ne pouvons pas y être dévots. Nous avons besoin d’une nouvelle politique énergétique. Nous devons cesser de faire semblant, parce que nous ne pouvons pas sacrifier l’industrie de l’Europe pour des objectifs climatiques qui ne sont pas réalistes, et qui ne sont pas appliqués ailleurs dans le monde », a-t-il déclaré au Daily Telegraph.

Selon Paulo Savona, qui dirige le Fondo Interbancario en Italie, le coût de l’énergie est un poste décisif que les investisseurs scrutent lorsqu’ils cherchent un pays d’implantation, et à cet égard, les entreprises européennes ont beaucoup perdu de leur compétitivité. Un rapport du Conseil de la Chimie Américaine confirme que l’extraction du gaz de schiste avait conféré un « avantage compétitif profond et durable » pour les secteurs de la chimie, de la plasturgie, et des industries connexes américains. La société de conseil IHS prévoit que la production chimique américaine va doubler aux Etats-Unis d’ici 2020, alors qu’en Europe, elle va s’écrouler d’un tiers.

La crise de l’énergie européenne a désormais supplanté l’endettement comme problème N°1 de l’Europe, affirme Ambrose Evans-Pritchard du Daily Telegraph. « Comparé à ses concurrents américains, l’industrie européenne paye 2 fois plus pour son électricité, et 4 fois plus pour le gaz. Nos entreprises en sont pas récompensées pour les efforts qu’elles ont fournis pour être plus efficaces », a déclaré Herman Van Rompuy, le président du Conseil de l’Europe.

Ce nouveau contexte risque d’impacter le nouveau projet de loi européen sur l’exploitation des gaz de schiste est attendu pour octobre. La Pologne, la Hongrie, le Royaume-Uni, et l’Espagne, approuvent l’idée d’une étude de cette exploitation, mais le nouveau projet de loi pourrait les contrarier.

Pour Tajani, qui est favorable à l’exploitation des gaz de schiste, les industries européennes souffraient déjà de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne, qui n’a pas réussi à éviter le credit crunch des PME dans les pays de la périphérie européenne (BCE), notamment en Italie et en Espagne. « L’euro est bien trop fort et il empêche nos entreprises de faire concurrence aux Chinois. Nous avons besoin d’une vraie banque centrale, comme la Fed ou la Banque d’Angleterre, qui accepte de favoriser la croissance. La BCE devrait prêter de l’argent aux PME, exactement comme le fait la Banque d’Angleterre. Nous ne pourrons pas réduire le chômage ou notre endettement public sans une forte politique industrielle qui permette de relancer les petites entreprises ».

De son côté, Guy Verhofstadt, qui préside le groupe de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe au parlement européen, a estimé qu’il était temps d’étendre le mandat de la BCE pour y inclure la croissance, et que l’Europe risquait une stagnation chronique de type  « hiver japonais » si la BCE se contentait de mesures de court terme.

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