A l’ère post-smartphone, Apple est un « suiveur », pas un « leader »

Apple vient de racheter Finisar, une firme spécialisée dans la fabrication de puces utilisées dans les fonctionnalités de reconnaissance faciale pour 390 millions $. Il faut probablement y voir une initiative pour se préparer à l’ère post-smartphone, et à se tourner vers un nouveau marché prometteur : la réalité augmentée.

Apple vient de racheter Finisar, une firme spécialisée dans la fabrication de puces utilisées dans les fonctionnalités de reconnaissance faciale pour 390 millions $. Il faut probablement y voir une initiative pour se préparer à l’ère post-smartphone, et à se tourner vers un nouveau marché prometteur : la réalité augmentée.

L’acquisition de Finisar s’intègre dans un projet d’investissement de 1 milliard $ qu’Apple avait promis de consacrer à des usines aux États-Unis. Finisar est déjà le fournisseur des puces qui permettent de détecter la profondeur et la proximité sur le nouvel iPhone X et les Airpods. Finisar est actif dans la technologie laser avec des capacités 3D , qui permet notamment de détecter des visages. Pour le moment, cette fonctionnalité est surtout exploitée pour déverrouiller les smartphones, mais aussi à concevoir des emoji reproduisant les expressions faciales des utilisateurs.Mais elle peut aussi avoir des applications dans le domaine de la réalité augmentée (ou réalité virtuelle, « RV »), un marché que convoite Apple.

Make America great again

L’argent permettra à Finisar de développer ses capacités de production pour satisfaire la demande de puces pour les smartphones d’Apple. Il est question de reprendre une usine à Sherman, au Texas à l’arrêt depuis 2012. Le projet impliquerait le recrutement de quelque 500 travailleurs hautement qualifiés, essentiellement des ingénieurs, des techniciens et des employés de maintenance – des emplois bien rémunérés.Il s’agit exactement du type d’investissement dont l’économie américaine a besoin.Le président américain Donald Trump ne manque aucune occasion de souligner les énormes réserves de liquidités que plusieurs sociétés géantes américaines continuent d’accumuler à l’étranger. Et bien sûr, Apple est l’une des plus iconiques d’entre elles. La firme de Cupertino détiendrait environ 250 milliards $ en dehors des USA.

Juguler le retard pris sur le marché post-smartphones

Mais il se pourrait que ce ne soit pas la principale motivation de cette décision. Un rapport publié mercredi aux Etats-Unis a pointé le retard qu’Apple pourrait avoir pris dans l’ère post-smartphone. La firmes serait dépassée par Google et Amazon, présentées comme des « leaders », notamment dans le domaine des assistants personnels et des fonctionnalités activées par reconnaissance vocale.Selon les analystes, Apple est beaucoup trop dépendant des ventes de matériel. 70% du chiffre d’affaires de la firme sont liés à l’iPhone. La société est en retard en termes de développement de nouveaux logiciels, notamment dans les technologies de l’intelligence artificielle et de la réalité augentée, où Google et Amazon se démarquent. Les concurrents comme Apple, Samsung et Microsoft sont  relégués au rôle de « suiveurs ».Un investissement dans la réalité augmentée constituerait donc un premier jalon pour tenter de combler ce retard.

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