Economie

Hong Kong est un piège pour Tim Cook

Le CEO d’Apple, Tim Cook, a décidé mercredi soir de supprimer de l’App Store une application permettant aux manifestants de Hong Kong de suivre la présence d’agents de police. Selon Apple, c’était nécessaire pour assurer la sécurité dans la ville-Etat. Cette décision intervient au lendemain du jour où les médias chinois ont accusé Apple d’aider les « fauteurs de troubles ».

Bien entendu, la décision a peut-être été motivée par des préoccupations concernant la sécurité physique des responsables locaux de l’application de la loi. Mais il est difficile de se débarrasser de l’impression que Apple a cédé à la pression pour donner la priorité aux intérêts chinois.

Apple n’est pas la seule entreprise à tomber dans le piège qu’Hong Kong est devenue pour le commerce international. La ligue américaine de basket-ball NBA et le fabricant de jeux Activision Blizzard s’y sont également engluées cette semaine. La NBA est revenue sur ses excuses précédentes et a déclaré que le droit à la liberté d’expression prévalait. Activision Blizzard, l’un des plus grands fabricants de jeux vidéo au monde, a suspendu un e-joueur qui avait exprimé son soutien aux manifestants. Dans une déclaration, la société a déclaré que le joueur avait endreint une règle interne. Cette dernière lui interdit de « nuire à l’image de la société ou de la discréditer ».

S’incliner devant Pékin ou défendre la liberté d’expression ?

Il n’est pas si étonnant que la NBA choisisse ici un chemin différent d’Activision. La NBA n’a pas de concurrence (à moins que les fans de sport chinois préfèrent suivre la compétition locale), contrairement à Activision. Cette dernière est donc confrontée à un choix déchirant : obéir à la Chine et sacrifier la liberté d’expression ou défendre la liberté d’expression et sacrifier le marché chinois (600 millions de joueurs).

La décision de Cook a été prise après que le journal People’s Daily ait accusé Apple d’aider les fauteurs de troubles à employer encore plus de violence en incluant l’application HKmap.live  dans son App Store. L’application permet de surveiller les mouvements de la police. Apple a alors décidé de supprimer de nouveau l’application. Parce qu’elle a permis aux manifestants de « coincer la police » et « de donner carte blanche aux criminels pour harceler les civils dans les zones où la police n’est pas présente ».

Le temps des 3 T est définitivement révolu

La vérité est probablement quelque part entre les deux. Que cette décision puisse avoir été prise sans pression de Pékin semble presque impossible. De plus, la préoccupation d’Apple pour la sécurité de la police locale est parfaitement compréhensible.

Mais la raison sous-jacente est beaucoup plus profonde. L’incident prouve une fois de plus à quel point Apple est exposéé à l’arbitraire chinois. Cela s’explique par la forte concentration de sa production en Chine. Cette relation devrait encore donner plus de migraines à Cook à l’avenir. Le temps où les sociétés étrangères implantées en Chine étaient en sécurité si elles évitaient les 3 T (Tibet, Taiwan et Tiananmen) est définitivement révolu.

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