Une firme de location obligée de créer une compagnie aérienne, faute de débouchés pour ses A380

Après des mois de négociations, Amedeo n’est toujours pas parvenue à signer des contrats de location pour ses 8 A380…alors qu’elle doit en recevoir 20 autres qu’elle a commandés chez Airbus. Son CEO, Mark Lapidus, a donc eu l’idée de créer une nouvelle compagnie aérienne pour utiliser les appareils. Mais cette compagnie aérienne aurait une particularité : elle ne ferait qu’opérer les vols, avec ses propres équipages. C’est donc au client qu’il incomberait de gérer la partie commerciale, comprenant entre autres la vente des billets. La seconde particularité, c’est que ce service serait proposé non seulement à d’autres compagnies aériennes, mais aussi à des firmes d’autres secteurs. Lapidus a d’ailleurs indiqué qu’il avait débuté des négociations avec Airbnb.

Les superjumbos sont les partenaires naturels des compagnies low-cost longs courriers

En janvier, Lapidus avait affirmé que pour assurer son avenir, l’A380 devait miser sur les compagnies low-cost telles que Norwegian, WOW Air, Level and Air Asia X. En effet, ces compagnies, qui assurent des vols long-courriers, sont à la recherche d’économies d’échelle. En pratique, la plupart des compagnies aériennes qui emploient des très gros porteurs comme les A380 ne les remplissent pas à pleine capacité. Par exemple, Emirates, la compagnie aérienne qui a la plus grosse flotte d’A380, avec 100 exemplaires, ne transporte souvent que près de 500 passagers dans ses “superjumbos”, alors qu’ils sont prévus pour un maximum de 868.“Pourtant, l’A380 est configuré pour accueillir 600 ou 700 passagers, il bat tous les autres en termes d’économies de coût unitaire”, affirme Lapidus.

L’A380

L’A380 est un avion de ligne à double étage, entré en service en 2008. Il est à l’heure actuelle le plus gros avion de passagers du monde, avec des mensurations hors norme (72 mètres de long, 79 mètres d’envergure, 24 mètres) et une capacité de 550 sièges dans sa version standard. Le souci, c’est que son prix est à la hauteur, à 370 millions d’euros, ce qui le place hors de portée de nombre de compagnies aériennes. De plus, elles s’inquiètent de la gourmandise en kérosène de ses 4 réacteurs.Airbus avait misé sur la vente de 1200 avions. Mais jusqu’à présent, l’avionneur n’a enregistré que 317 commandes fermes, dont 216 ont déjà été livrées. Dès l’année prochaine, le rythme de production devrait tomber à un avion par mois, annoncée l’année dernière et prévue pour 2018, contre 2,5 par mois auparavant. Pourtant, ce n’est peut-être qu’une question de temps avant que l’A380 ne décolle vraiment. La démocratisation du transport aérien au plan mondial mène à une saturation des aéroports à laquelle il faudra bien remédier à l’avenir.

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