La fortune de Jeff Bezos a franchi le cap des 100 milliards de dollars

La fortune de Jeff Bezos, le CEO d’Amazon, a dépassé le seuil des 100 milliards de dollars vendredi, à l’occasion de la journée du Black Friday. C’est ce que révèlent des calculs de Bloomberg. Mais cette semaine n’a pas été aussi heureuse pour les employés du géant de l’e-commerce, qui ont été confrontés à des cadences de travail infernales. Dans deux pays d’Europe, la grogne a mené à des grèves. Le Black Friday, cette journée de promotions célèbre aux Etats-Unis a gagné l’Europe, ce qui a contribué au succès de cette édition. Les ventes en ligne ont progressé de 18,4 % par rapport à l’année dernière, et Amazon s’est accaparé la part du lion.En conséquence, la richesse de Bezos a progressé de 32,6 milliards de dollars – autrement dit, d’un tiers. Il est la première personne à franchir la barre des 100 milliards de dollars depuis que Bill Gates avait lui-même franchi brièvement ce jalon en 1999.

Des salariés qui dorment debout

Mais il semble que les salariés de la firme aient payé le prix fort pour cet enrichissement. Le tabloïd britannique Mirror a mené une enquête dans l’entrepôt d’Amazon de Tilbury, au Royaume-Uni, et  exposé les conditions de travail difficiles, pour ne pas dire inhumaines, imposées aux salariés de l’entreprise à l’occasion du Black Friday.Selon le journal, les employés ne disposaient que de 9 secondes pour s’occuper d’un colis, et pouvaient être amenés à marcher au moins 16 km par jour. Malgré ces cadences infernales, ils n’étaient autorisés à prendre que deux pauses d’une demi-heure au cours de leur journée de travail. Certains salariés étaient tellement épuisés qu’ils dormaient debout. Le tabloïd rapporte même le cas d’un salarié qui a été emmené à l’hôpital après s’être évanoui au travail.Sur un tableau d’affichage, destiné à recueillir les doléances des employés, l’un avait posé la question suivante :

« Pourquoi ne sommes-nous pas autorisés à nous asseoir quand tout est calme et que nous ne sommes pas occupés ? Nous sommes des êtres humains, pas des esclaves ou des animaux ».

« Un nouveau modèle d’exploitation des travailleurs dans le monde »

Mais en Europe, où les salariés bénéficient pourtant de protections bien plus importantes que leurs homologues américains, ces conditions de travail suscitent de plus en plus le rejet.Ainsi, les syndicats allemands et italiens ont profité du Black Friday pour déclencher une grève dans les entrepôts d’Amazon dans ces deux pays. En Allemagne, les salariés ont débrayé dans les 6  entrepôts que le géant de l’e-commerce compte dans le pays. En Italie, c’est le centre de distribution de Castel San Giovanni qui a été affecté.« Les employés doivent faire de leur mieux pour le Black Friday au service de Jeff Bezos et des clients. Et tout cela dans des conditions de travail qui rendent malade à long terme », a vitupéré Ronny Streich, l’un des meneurs de la grève de l’entrepôt de Leipzig au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.« Amazon joue avec la santé de ses employés. La pression pour faire plus en un minimum de temps, les évaluations de performance et la surveillance sont permanentes, alors que les temps de récupération sont insuffisants », dénonce Verdi, le principal syndicat allemand des services dans un communiqué.« Amazon représente un nouveau modèle d’exploitation des travailleurs dans le monde », a de son côté déclaré Daniele Boroli, un sénateur italien du parti de centre-gauche au journal italien  La Repubblica.

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