Les agences de renseignement américaines démolissent la politique étrangère de Trump

Mardi, les services de renseignement américains ont émis  des déclarations devant le Congrès concernant les menaces géopolitiques auxquelles les Etats-Unis sont confrontés, qui contredisent totalement le président Trump. Le directeur du FBI, Christopher Wray, la directrice de la CIA, Gina Haspel, et le directeur du renseignement national, Dan Coats, ont révélé que les chances de voir la Corée du Nord démanteler son arsenal nucléaire étaient minimes. En outre, l’État islamique constitue toujours une menace au Moyen-Orient, et l’accord avec l’Iran fonctionne.

Ils n’ont pas parlé de la crise à la frontière américano-mexicaine. Le président Trump veut déclarer « une situation d’urgence nationale » à court terme s’il ne reçoit pas d’argent pour construire un mur.

Leur analyse contraste fortement avec l’accent unilatéral mis par Trump sur les problèmes à la frontière sud des États-Unis. Selon le Président, il s’agit là de la principale menace qui pèse sur le pays.

Les trois dirigeants des services de renseignement ont donné au Congrès leur interprétation de leur « Worldwide Threat Assessment » (‘évaluation des menaces mondiales‘). Outre les problèmes susmentionnés, les trois officiels ont également cité la menace du cyberespionnage en Chine. De même avec la menace de campagnes russes visant à saper les démocraties occidentales.

La Corée du Nord

La situation en Corée du Nord est particulièrement préoccupante pour les services de sécurité. Selon Dan Coats, l’activité y reste incompatible avec la notion de « désarmement total ». Depuis des années, le pays minimise ses activités nucléaires, une situation qui perdure aujourd’hui. « En conséquence, la situation qui existait il y a un an est toujours la même aujourd’hui », indique le rapport. Mais selon le président Trump, la Corée du Nord n’est plus une menace nucléaire. Un deuxième sommet entre Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un est en préparation, mais les dates ne sont pas encore connues.

L’Iran

De même, selon les services de sécurité, l’Iran respecte l’accord fondamental qu’il a passé avec les États-Unis et d’autres pays occidentaux. Cela a au moins réduit temporairement la menace nucléaire de la République islamique. En mai dernier, Trump avait annoncé qu’il retirerait les États-Unis de l’accord avec l’Iran. Il l’a qualifié d' »accord terriblement mauvais », qui n’empêcherait pas l’Iran de mettre au point des armes nucléaires.

La Russie et la Chine

Le rapport fait également référence à la menace croissante de la Chine et de la Russie.

« Pékin et Moscou investissent des sommes considérables dans la course au pouvoir technologique et militaire, qui décidera du XXIe siècle, qui décidera du 21ème siècle. Les deux pays sont sur la même ligne pour la première fois depuis le milieu des années 50 « .

Enfin, le rapport accorde une mention spéciale à la capacité de la Russie en matière de cyberattaques. « Moscou a maintenant le potentiel de perturber et d’endommager les infrastructures civiles et militaires américaines pendant une crise« .

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